Lors de sa création, chaque paroisse a reversé son encours à la nouvelle entité, certaines pour des montants importants, d’autres pour de petites sommes insignifiantes. Seule, celle de Saint-Donat a fait savoir qu’il n’y avait ni argent ni comptabilité.

Des versements en liquide inexpliqués

Interpellés par l’absence de pièces comptables, les enquêteurs n’ont pas été aidés par le curé, retraité depuis 2023, qui ne se souvient de rien. Ses comptes privés ont été épluchés et ont permis de retrouver traces de versements en liquide qui proviendraient des collectes du culte, de funérailles, de baptêmes ou de mariages. Lors du premier jugement, le train de vie de Paul Hansen avait été mis en exergue, principalement par son goût pour la bonne chère, ayant ses habitudes à la table du restaurant de la Gaïchel, du côté grand-ducal de la frontière.

Pour ces deuxièmes accusations, le juge Philippe Nazé n’a pas approfondi l’interrogatoire de l’abbé, estimant que les éléments recueillis lors de son premier procès étaient suffisants. Pour la défense du prévenu, personnage très apprécié dans son ministère arlonais et dans le milieu catholique de la région du Sud-Luxembourg, M. Lhote a axé sa plaidoirie sur une plainte d’une ASBL qui n’avait pas d’existence juridique au moment des faits et qui ne peut donc pas s’estimer légitimement lésée. L’avocat estime que l’argent a servi à l’organisation des différents offices et à des travaux nécessaires à l’église, mais qu’en aucun cas, il ne s’agit d’enrichissement personnel. Son client nie les faits mais ne peut donner aucune explication sur la provenance de tous ces versements en liquide. Il plaide pour un acquittement.

Le ministère public a requis 18 mois de prison et une amende de 3200 euros pour abus de confiance et fraude informatique. Le jugement sera rendu le 5 juin.