Sécurité sociale et pensions: serez-vous gagnant ou perdant avec l’Arizona?Que font les autres pays qui pourrait nous inspirer ?

Cependant, certains systèmes étrangers offrent néanmoins des pistes sérieuses, comme l’explique Jennifer Garcia-Alonso, professeure en sciences actuarielles à l’ULB. Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Australie, un premier pilier minimaliste assure une aide de base pour tous, complété par un deuxième pilier solide de capitalisation forcée via des fonds de pension. Résultat : des dépenses publiques contenues à 7,5 % du PIB et des taux de remplacement élevés.

La Suède offre un modèle différent : les comptes notionnels. Chaque cotisation est enregistrée dans un compte fictif qui génère un rendement lié à la croissance du PIB. Au moment du départ à la retraite, le capital accumulé est divisé par l’espérance de vie de la cohorte concernée, ce qui ajuste automatiquement le montant de la pension. Le système s’auto-équilibre et maintient des dépenses stables jusqu’en 2070.

Comment la Suède responsabilise-t-elle ses futurs pensionnés ?

“Ce qui frappe ici, c’est autant la mécanique que la pédagogie. Chaque année, les citoyens reçoivent une “lettre orange” détaillant leurs droits acquis et leurs projections de pension. Cela les encourage à prendre des décisions éclairées sur leur carrière et leur épargne”. La Belgique pourrait s’inspirer de cette transparence. L’outil MyPension existe, mais il reste peu utilisé et uniquement accessible en ligne.

Maxime Fontaine soulève toutefois certaines limites : “L’individu a la responsabilité de gérer sa carrière pour obtenir une pension suffisante. Or, la majorité des paramètres qui détermineront cette carrière (conjoncture économique, naissance dans une famille aisée ou non, accidents de la vie, etc.) ne dépendent pas de ses choix. Les écarts d’espérance de vie en bonne santé entre les groupes les plus favorisés et les plus défavorisés atteignaient ainsi 8,9 ans chez les hommes et 6,0 ans chez les femmes en 2019”.

Les mesures de l’Arizona pour les pensions inquiètent…surtout les fonctionnaires: « Des économies rapides et aveugles au détriment du personnel »