Il existe un endroit, dans ce pays, où chaque année, retentissent, tranquillou, des chants antisémites. Le tout depuis des décennies, sans, jusqu’ici, de sanction exemplaire ni de volonté manifeste d’en finir avec ce scandale absolu, le tout dans un contexte où les actes antisémites se multiplient en Belgique.

On parle des tribunes du Jan Breydel Stadion, où de celles, en déplacement, qu’occupent certains « supporters » (nazillons) du FC Bruges. Et où retentissent volontiers les « Mijn vader zat bij de commando’s, mijn moeder bij de SS, samen verbrandden zij joden, want joden die branden het best » (« Mon père était chez les commandos, ma mère chez les SS, ensemble ils brûlaient des Juifs, car ce sont les Juifs qui brûlent le mieux ») voire les « Al wie niet springt, dat is een Jood » (« Qui ne saute pas est un Juif ».

Ce 3 mai encore, à Anderlecht, lors d’un topper dominé par des Brugeois sportivement irréprochables, ces hymnes odieux ont surgi des tribunes occupées par les Brugeois au Lotto Park.

Sauf que cette fois, le parquet de Bruxelles, et son dynamique procureur Julien Moinil, ne laisse pas passer. Une instruction judiciaire est ouverte, et c’est tant mieux. Le temps de l’indulgence, du relativisme au nom de la rivalité historique avec les Mauves, doit cesser. Que le président du Club Bruges collabore à l’identification des coupables est le minimum, dans le chef d’un club qui toujours dit déplorer le fléau, mais n’a jamais rien mis en œuvre pour vraiment le décapiter.

À la Justice, désormais, de frapper fort : avec des interdictions de stade définitives, et des condamnations pénales qui marquent les esprits. Prochaine étape : avec la même pugnacité, s’attaquer aux cris de singe, encore bien trop nombreux dans nos tribunes, pas seulement celles occupées par les « supporters » Blauw en Zwart d’ailleurs…

« On observe une nouvelle forme d’antisémitisme (lié à l’extrême gauche) depuis octobre 2023 »

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