Touché par l’histoire singulière de Patrice Giordani, le président de Kalbass’art, Jean-Paul Delahaye a contacté l’association Les amis de Patrice Giordani. J’ai eu connaissance de l’exposition des tableaux de Patrice Giordani au vieux Saint Sauveur. J’ai contacté l’association pour leur proposer d’exposer au vide-ateliers une partie des œuvres. L’artiste n’est pas connu mais son travail mérite de l’être.
Le travail d’une vie à la poubelle
Le 9 mai 2011, Patrice Giordani est décédé à Caen, dans l’appartement d’un immeuble HLM (Habitation à loyer modéré). La personne chargée de l’entrée et la sortie des locataires a trouvé le trousseau de clés avec l’avis de décès, le livret de famille et les renonciations des héritiers dans la boîte aux lettres de l’agence.
Avec une collègue, Évelyne* (prénom d’emprunt) se rend à l’appartement et surprise ! Tous les murs, plafonds et portes sont recouverts de peintures et de dessins, vraiment impressionnants.
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Et ce n’était que le début de l’histoire : En repartant, j’ai vu dans le local poubelles, deux ou trois bennes jaunes, remplies de cartons peints des dessins et peintures de Patrice Giordani. Un choc révélateur.
Le travail de toute une vie allait partir à la poubelle. Je suis revenue le soir et j’ai tout ramené chez moi, relate-t-elle. Pendant 15 ans, elle a conservé les œuvres, stockées chez elle et chez des amis.
On a fini par créer une association Les amis de Giordani pour exposer ses œuvres. La ville de Caen nous a permis de le faire au vieux Saint-Sauveur. L’expo a eu du succès, le prix était libre, des étudiants étrangers en ont acheté deux, des enfants d’un centre de loisirs ont mis chacun un euro. Un vieux monsieur très ému pleurait en regardant les œuvres, bouleversant. Un galeriste en a pris 30. Mettre un prix libre était peut-être une erreur ? On voulait que les œuvres de Patrice Giordani vivent, témoigne-t-elle.
Il aimait la peinture par-dessus tout
Sur le livre d’or à Saint-Sauveur, un témoignage : Il aimait la peinture par-dessus tout, Picasso et Michel-Ange. Je suis touché de voir ses œuvres exposées, rapporte Evelyne. J’espère revoir ce monsieur pour essayer d’en savoir plus. La passion dévorante de Patrice Giordani avait envahi sa vie, il peignait sur n’importe quel support, des cartons en recto verso… On ne savait pas comment faire , reconnaît-elle.On ne voulait pas que l’œuvre de toute une vie disparaisse. C’est un hommage à cet homme passionné d’art ».