« Les deux frères faisaient la fête au Constellation. Dès qu’ils ont compris qu’un incendie s’était déclaré, ils ont pris leurs jambes à leur cou. Dehors, l’un d’eux a regardé autour de lui attentivement et, pris de panique, s’est rendu compte qu’il ne trouvait son frère nulle part. Son premier réflexe a été de retourner à l’intérieur pour le chercher », explique Me Parein.

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Le jeune homme est parvenu à retrouver son frère blessé dans le bar et à sortir de l’enfer du Constellation. Lui qui était sorti indemne souffre désormais de multiples brûlures au deuxième degré indique son avocat suisse.

À l’horreur des faits s’ajoute désormais la dureté de la procédure judiciaire. On aurait pu croire que les deux frères soient considérés comme victimes par les autorités helvètes mais ce n’est en réalité pas le cas. « Ils font la distinction entre victimes directes et indirectes », précise Me Parein. À comprendre que l’un d’eux a passé du temps coincé entre les flammes, ce qui fait de lui une victime directe tandis que le second était parvenu à s’échapper indemne.

Pas d’indemnisation

Le ministère public suisse estime que le jeune homme s’est rendu responsable de ses blessures dès lors où il est volontairement retourné dans l’incendie pour sauver son frère… Un raisonnement aux conséquences bien réelles. Outre le choc émotionnel de ne pas être reconnu comme victime, seules les victimes directes peuvent prétendre à une indemnisation.

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L’affaire n’est pas figée et le raisonnement du parquet pourrait encore évoluer, fait savoir Me Parein. « Nous attendons toujours une réponse du procureur. Je ne sais pas encore quand je peux l’espérer », conclut-il.

Treize personnes sont inculpées dans l’enquête pénale ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame causée par des bougies festives ayant bouté le feu au plafond de l’établissement. Parmi les inculpés figurent les propriétaires, Jacques et Jessica Moretti ainsi que des responsables publics.