Anxiyeti, Sponji, Kinzu et Dandy, quatre versions grand format des personnages créés par l’artiste durant la pandémie, prennent ainsi place à différents lieux du quartier historique alors que les produits dérivés qu’elle a créés et qu’elle vend dans sa boutique montréalaise La Maison Pony sont maintenant aussi disponibles à la boutique Créatures Atelier.
«J’ai inventé ces personnages et une dizaine d’autres sous forme de toutous durant la pandémie, une période très anxiogène où il y avait une épidémie de solitude et de détresse psychologique. Même si les enfants les aiment beaucoup, il s’agissait avant tout de toutous pour adultes», explique l’artiste née à Québec, qui a grandi entre Gatineau et Terre-Neuve.

Grands formats
L’été dernier, Pony a présenté des versions grand format de ces toutous au centre-ville de Montréal.
C’est cette même exposition qui passera l’été à Québec. Des versions gonflables des personnages devraient aussi apparaître à Gatineau cet été ainsi qu’une sculpture grand format de Kinzu, l’un des quatre personnages, dont la Ville de Gatineau a fait l’acquisition.
«Ce qui m’inspire, c’est de prendre une partie de l’humain pour créer des personnages. L’intention est aussi de donner de l’espoir que les gens se sentent moins seuls», raconte Pony en entrevue avec Le Soleil lors de la visite de ce qu’elle qualifie de parcours d’art public bienveillant.
Quatre personnages
Sponji, c’est l’éponge qui représente les gens hypersensibles qui absorbent tout, qui se sentent souvent imbibés par les catastrophes et les mauvaises nouvelles.
Anxiyeti, un gros yéti bleu, est le tout premier de ces personnages créés par Pony pour ce projet. Il est l’accompagnateur des gens qui se sentent seuls. «C’est celui qui remporte le plus de succès, il invite le public à se réconcilier avec son enfant intérieur et à vivre un peu de douceur à travers le chaos ambiant», explique l’artiste.

Installé à Place de Paris, Dandy est un pissenlit anthropomorphe qui représente le sentiment d’abandon et de rejet, mais aussi la résilience. «Le pissenlit, c’est l’underdog des fleurs! Il rêve d’être regardé comme toutes les autres fleurs même si les gens le rejettent, mais il a aussi toute une résilience, car il réussit à se faufiler partout», commente Pony.
Finalement, Kinzu, ce personnage rose marqué de craquelures et avec un bras cassé, représente le deuil. «Je l’ai créé suite à une peine d’amour.
Ses cicatrices s’accumulent et il représente les différents types de deuils. J’ai été inspirée par la philosophie japonaise du kinzuki, qui consiste à utiliser des feuilles d’or pour accentuer les fissures d’un objet cassé», termine l’artiste.
Par ailleurs, Pony sera très présente dans sa ville natale cet été, non seulement avec cette exposition et ses créations en vente chez Créatures Atelier, mais elle aura aussi une boutique pop-up sur la rue Saint-Jean durant le Festival d’été de Québec.