La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative : cela signifie qu’elle s’accompagne d’une altération progressive de certaines cellules nerveuses. Elle représente une cause majeure de démence, un syndrome dans lequel la mémoire, le raisonnement ou d’autres fonctions mentales sont durablement perturbés. La question n’est donc pas de trouver une habitude miracle, mais de savoir quelle conduite quotidienne modifiable repose sur des données scientifiques suffisamment solides.

Bouger, un geste simple associé à un risque plus faible

Les données les plus récentes ne disent pas qu’une seule habitude suffit à éviter la maladie d’Alzheimer. Elles montrent plutôt que plusieurs facteurs de risque de démence sont modifiables. La commission du Lancet publiée en 2024 en recense 14, dont l’inactivité physique. Elle estime que près de 45 % des cas de démence pourraient être retardés ou évités si ces facteurs étaient pris en charge à l’échelle de la population, tout au long de la vie.

Dans ce cadre, l’activité physique occupe une place particulière, car elle peut être intégrée dans la vie quotidienne. Marcher, nager, jardiner, monter les escaliers ou pratiquer une activité sportive légère relèvent tous d’un même principe : faire travailler régulièrement le corps. Le CDC, organisme américain de santé publique, présente le manque d’activité physique comme un facteur associé à un risque plus élevé de démence, y compris la maladie d’Alzheimer. Il indique aussi que rester physiquement actif fait partie des habitudes susceptibles de contribuer à la santé du cerveau.

L’Organisation mondiale de la santé va dans le même sens. Dans ses recommandations sur la réduction du risque de déclin cognitif et de démence, elle considère l’activité physique comme une intervention à recommander chez les adultes ayant une cognition normale. Le déclin cognitif désigne une baisse des capacités mentales, par exemple de la mémoire ou de l’attention, plus marquée que celle attendue avec l’âge habituel.


Outre ses effets bénéfiques sur le cerveau, le sport présente de nombreux autres bienfaits. © DR, Adobe stock

Pourquoi l’effet reste à formuler avec prudence

Le lien entre activité physique et risque de démence ne doit pas être présenté comme une garantie individuelle. Les sources disponibles parlent de réduction du risque, pas de protection absolue. Une personne active peut développer une maladie d’Alzheimer, tandis qu’une personne sédentaire n’en développera pas forcément. Le risque dépend aussi de l’âge, des facteurs vasculaires, du diabète, de l’hypertension, de l’audition, du tabac, de l’alcool, de l’isolement social ou encore d’autres paramètres de santé.

L’intérêt scientifique de l’activité physique tient notamment à son effet global sur la santé du corps et du cerveau. Les recommandations disponibles l’inscrivent dans une approche de prévention plus large, qui vise aussi la santé cardiovasculaire. Le cerveau dépend fortement de la circulation sanguine : lorsque les vaisseaux sont fragilisés, le fonctionnement cérébral peut être affecté.

L’habitude quotidienne la plus défendable scientifiquement est donc de bouger régulièrement. Non parce qu’elle effacerait le risque d’Alzheimer, mais parce qu’elle agit sur un facteur modifiable reconnu, dans une maladie où la prévention repose sur l’accumulation de plusieurs gestes favorables plutôt que sur une solution unique.