À l’évocation de cette scène d’ouverture de la première saison, Alex Hassell (The Boys), qui incarne le séduisant Rupert, sourit largement. « En vérité, j’aime faire des choses qui m’intimident, dont je pense que je ne serai pas capable de les jouer », nous confie-t-il via Zoom, depuis Londres. « C’est plus stimulant et là, en lisant le scénario, c’était vraiment un défi que j’avais envie de relever. C’est pour ça que j’ai décidé de devenir acteur : pour vivre des expériences que, normalement, je n’aurais pas vécues, que les gens ordinaires ne vivent pas. »
Rivalité amoureuse
Pour se glisser dans la peau de cet ancien champion olympique (de jumping) devenu ministre des Sports puis propriétaire d’une chaîne de télévision, pour incarner cet aristo bien né et richissime, le comédien s’est penché sur quelques clichés qui avaient inspiré Jill Cooper, l’auteure de Rivals, dont la série est adaptée. « Ce sont surtout ses attitudes, sa posture, son standing qui ont retenu mon attention, poursuit-il. « Il y a un gars dans l’agence qui me représente, qui me fait beaucoup penser à Rupert. Pas vraiment physiquement mais dans sa douceur, son côté un peu lisse. Sa manière d’être m’a donné une sorte de point de départ très utile. Ensuite, j’ai simplement essayé d’en explorer les contours, mais ça a été tout un processus. »
Heureusement pour Alex Hassell, le début du tournage de la première saison ne correspondait pas au début de la série. Il ne s’est donc pas retrouvé à jouer l’orgasme dès le premier « moteur ». « En revanche, les premières scènes tournées se retrouvent un peu au milieu de l’histoire mais on ne remarque pas trop, j’espère, que je ne savais pas encore vraiment ce que je faisais, dit-il en riant. Le personnage a évolué au fil du temps, et j’espère qu’à partir de cette saison 2, je savais enfin ce que je faisais ».
De rivalités, il est plus question que jamais dans cette nouvelle livraison Disney +. Mais là où, dans la première saison, Rupert Campbell-Black à la tête de Venturer et son ennemi Tony Baddingham (David Tennant), propriétaire de Corinium, s’affrontaient sur le plan professionnel, il est davantage question, cette fois, d’amour. Celui que les deux hommes éprouvent pour la productrice Cameron Cook (Nafessa Williams) et celui qui grandit entre Rupert et la jeune Taggie.
« Rivals : de l’humour, du sexe et un regard acéré sur les folles années 80
Bella McLean, l’actrice qui l’interprète, est assise aux côtés d’Alex Hassell, en ce jour de promo. La complicité du tournage se prolongeant hors du plateau, ils se livrent à un petit exercice de ping-pong verbal quand il s’agit d’évoquer leur relation plutôt pure dans ce monde de requins. « C’était merveilleusement simple à jouer parce qu’il s’agit d’un amour sincère, sourit la comédienne. Là où cela devient compliqué, ce sont les conséquences : le fait qu’il soit plus âgé, qu’il soit le meilleur ami de son père et aussi un séducteur notoire. Mais la manière dont nous jouons cette relation reste très simple et honnête, parce qu’ils savent ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre. Et c’est justement l’impossibilité d’être ensemble qui rend tout cela plus complexe et nuancé. » « La relation de Rupert avec Taggie est probablement la plus sincère et la plus vulnérable qu’il ait jamais vécue. Et c’est très bouleversant pour lui, complète Alex Hassell. L’idée qu’on puisse le décrire comme quelqu’un d’ouvert et pur, disons que ce n’est pas du tout l’image que Rupert renvoie, ni la manière dont il apparaît au début. Mais au fond de lui, cette part existe et Taggy essaie justement de la faire ressortir. »
Fils de vicaire
Dans leur première scène ensemble – toujours dans la première saison (à voir absolument) -, celle où Rupert dispute une partie de tennis entièrement nu, la pureté de la relation à venir ne saute effectivement pas aux yeux. « Mais c’est une autre raison pour laquelle j’ai dit oui à Rivals, se marre le comédien. Celle de pouvoir enlever mes vêtements ! » Les pantalons à pinces des années 80, durant lesquelles se déroule Rivals, ne seraient-ils pas à son goût ? Même s’il n’était alors qu’un enfant – il est né en 1980 – Alex Hassell en garde un souvenir plutôt ému. « Ma sœur est relativement plus âgée que moi, de même que certaines de mes cousines et les vêtements portés dans la série sont exactement ceux qu’il y avait dans sa garde-robe. C’était assez étrange de les voir reprendre vie sur le tournage. Mais vous savez, j’ai grandi dans l’Essex et mon père était vicaire, mon niveau social était très différent de celui de Rupert ! Donc je n’ai pas reconnu grand-chose de mes années 80… à part les fringues et les coiffures ! »