Le moins qu’on puisse dire, c’est que la production de Rush Hour 4 peine à cacher sa nature de commande présidentielle. Donald Trump est carrément impliqué dans les repérages.
Parmi les nombreuses sources d’inquiétude qui entourent l’acquisition de Warner par Paramount Skydance, il y a les liens entre la famille Ellison et le gouvernement américain. Le grand patron David Ellison est en effet le fils de Larry Ellison, l’une des plus grandes fortunes mondiales et soutien de Donald Trump qui a d’ailleurs largement participé à l’offre du studio.
La prise de Paramount par Skydance avait déjà fait grand bruit : une fois aux commandes, au terme de nombreuses polémiques, Ellison avait supprimé les politiques d’inclusion conformément aux souhaits du président et avait quelque peu remanié l’équipe de la chaine d’information CBS News. La nouvelle rédactrice en chef Bari Weiss s’est vite illustrée, en censurant par exemple à la dernière minute un reportage sur les conditions de détention des immigrés latino-américains déportés par l’administration Trump.
Autre exemple : le lancement de Rush Hour 4, personnellement demandé par le président. C’est désormais comme si plus personne n’essayait de cacher à quel point le studio est au service du gourou MAGA.

Flush hourRush Hour 4 ever
Jusqu’ici, la perspective d’un Rush Hour 4 était assez improbable : non seulement le troisième volet a déçu au box-office, mais le créateur et réalisateur de la trilogie Brett Ratner, qui lui doit une grosse carrière hollywoodienne, a été accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles et harcèlement en pleine vague MeToo. C’était sans compter, donc, sur Donald Trump, paraît-il grand fan de la saga (quelle surprise…), mais aussi de son metteur en scène, qui vivrait carrément dans une villa au sein de son complexe de luxe Mar-a-Lago. Il faut dire qu’ils ont plein de points communs, comme une présence troublante dans les fameux Epstein Files.
Selon une information de Semafor confirmée par Variety, c’est Trump qui aurait directement demandé aux Ellison de distribuer ce quatrième opus, refusé par tout Hollywood avant ça. David Ellison se serait donc exécuté docilement. Comme si ce n’était pas encore assez flagrant, Ratner a, entretemps, réalisé le documentaire de propagande sur la première dame, acheté à perte (qui a dit « pot-de-vin » ?) par Amazon. Dans cette bataille d’enchère pour les faveurs des Trump, la firme de Jeff Bezos avait d’ailleurs battu… Paramount.

Ça peut être marrant si Trump écrit aussi les dialogues
Quitte à servir directement le pouvoir en place, autant y aller franco (sans mauvais jeu de mots) : Variety et d’autres médias américains révèlent ce 12 mai que Ratner fait partie de la délégation chinoise de Donald Trump, aux côtés d’Elon Musk et du patron d’Apple Tom Cook (qui était présent à l’avant-première de Melania). Tandis que les barons de la tech rencontreront Xi Jinping, il fera du repérage pour son film, qu’il compte tourner dans le pays selon le South China Morning Post.
Jackie Chan (qui a déjà largement participé à la propagande de son propre pays) et Chris Tucker devraient revenir dans ce qui pourrait bien être le projet le plus radioactif du moment. Enfin, pas assez radioactif pour justifier une intervention militaire.