l’essentiel
L’ombre du Covid-19 plane, mais la peur n’a pas pris. Face à l’émergence de cas d’hantavirus en France, les Cadurciens abordent la situation avec une prudence héritée de la crise de 2020. Entre vigilance des pharmaciens et pragmatisme des clients, le département du Lot s’organise sans s’affoler.
La psychose ne gagne pas le Lot. Les craintes d’une épidémie liée à l’hantavirus ne semblent pas atteindre les habitants et les touristes de Cahors rencontrés ce jeudi 14 mai.
Face à cette situation, l’expérience de la pandémie de Covid-19 reste dans tous les esprits, mais la peur n’a pas gagné les habitants du Lot. « Ça ne me fait pas peur. C’est important d’en parler pour avertir la population, mais il ne faut pas créer un climat anxiogène. Et en même temps, c’est ce que je me disais en 2020… », raconte Léo*, cuisinier à Cahors. « Avec le Covid, on a bien appris », poursuit-il. « Je ne m’affole pas à l’avance. Si ça arrive demain, on verra, on s’adaptera. J’espère juste que ça sera mieux géré que la précédente crise », témoigne une Cadurcienne.
« Sans doute que ça sera mieux géré aujourd’hui »
Pas d’achat à l’avance de masques, elle reste optimiste pour la suite. Même sentiment pour Léa et Fabio, en pleine visite de la halle de Cahors : « On n’est pas inquiets. On a déjà eu une expérience dans le passé. On connaît des gens qui ont perdu des proches à cause du Covid, sans doute que ça sera mieux géré aujourd’hui ». Annie et François sont eux aussi positifs : « On vit en France, on n’est pas si mal dotés, et en plus il nous reste une boîte de masques de la précédente pandémie, au cas où ».
L’affaire a débuté en avril à bord du navire de croisière MV Hondius. À ce jour, trois personnes sont décédées et de nombreux passagers sont tombés malades. Une vaste opération de rapatriement a été organisée pour les croisiéristes. Actuellement, une femme testée positive au virus est en réanimation à l’hôpital Bichat, tandis que vingt-six cas contacts ont été isolés.
Des directives de l’agence de santé envoyées aux pharmacies
Du côté des officines, les pharmaciens ont reçu en début de semaine une alerte avec des directives et des recommandations de la part de l’Agence régionale de santé (ARS). « C’est relativement classique dans ce genre de situation », explique Olivier Borie, membre de l’Ordre des pharmaciens du Lot. « Cela concerne les réserves de masques et la vigilance des stocks notamment ». Le professionnel de santé l’affirme : il n’y a pas de rupture de stock dans le département.
« On a de quoi répondre aux besoins. Il n’y a pas eu plus de demandes récemment à cause de l’hantavirus ». Au niveau national, des officines craignent un manque d’approvisionnement pour les masques FFP2. Selon France Inter, la demande a été multipliée par cinq en une semaine, entraînant un risque de pénurie et une hausse du prix. Mais Olivier Borie se veut rassurant : « De manière générale, on vend très peu ce type de masques. 95 % de nos ventes, ce sont des chirurgicaux classiques, et c’est suffisant ».
Aujourd’hui, Olivier Borie aborde la conjoncture avec « vigilance et sérénité », mais suit l’évolution avec prudence : « Il faut traiter le sujet de suite, c’est comme pour l’incendie d’une maison, il faut éteindre le feu rapidement pour éviter qu’il ne se propage ».
*Sur demande, le prénom a été modifié