Nuit blanche au parlement de la FWB: après 16h de débats, le vote sur le décret-programme finalement reporté

Vers 10 h 00, c’est Yves Coppieters (Les Engagés), ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, qui se lance dans un bref exposé. Il est question d’un seul article, portant sur une économie de 98 000 euros dans les AMO, c’est-à-dire les aides en milieu ouvert, des services qui apportent une aide aux jeunes dans leur milieu de vie habituelle (famille, école, quartier,…). Pour le ministre, il s’agit là, somme toute, d’un ajustement responsable, qui ne met pas en péril la politique d’égalité des chances.

Mais pour la députée PTB Marisol Revelo Paredes, il s’agit au contraire d’un ajustement parfaitement « irresponsable ». Au lieu de couper dans les moyens des AMO qui accompagnent la jeunesse, le gouvernement ferait mieux d’aller chercher de l’argent « dans les grandes fortunes et les multinationales ». « C’est honteux », tranche-t-elle. Et quand Yves Coppieters lui répond que la Fédération n’a pas de recettes propres, l’élue communiste lui rétorque que son parti a voté la loi de financement de la FWB : « C’est votre héritage ! ».

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Pour le PS, Leila Agic déplore les coupes qui touchent l’émancipation citoyenne : « Avec vous, les projets de citoyenneté et de démocratie deviennent des variables d’ajustement ». Et pour Écolo, Hajib El Hajjaji souligne que le ministre Coppieters fait le choix de donner moins de moyens à des projets dont il souligne pourtant l’utilité sociale. « On ne peut pas dire une chose et faire son contraire », sermonne l’écologiste.

Dans la majorité, les interventions sont tout autres, on s’en doute. Stéphanie Lange (Les Engagés) insiste sur le contexte budgétaire difficile dans lequel évolue la coalition Azur. Et Stéphanie Thoron (MR) juge que « le gouvernement prend ses responsabilités ».

Le ministre Coppieters prolonge : « Nous faisons tous des efforts à la table pour juguler le déficit ». Cette remarque fait bondir la socialiste Leila Agic. « Oui, il faut faire des efforts, je l’ai entendu en boucle toute la nuit. Mais on coupe souvent dans les matières des Engagés, alors que certains de vos collègues dépensent 80 millions d’euros à cause du redoublement que va provoquer le relèvement du seuil de réussite dans l’enseignement obligatoire, attaque-t-elle. Vous cédez mais les autres, eux, ils peuvent y aller ! »

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Dans ces débats budgétaires, derrière la technicité des textes et l’austérité des colonnes de chiffres, apparaît clairement l’affrontement idéologique entre le gouvernement de centre-droit et l’opposition d'(extrême) gauche. Valérie Lescrenier (Les Engagés), ministre de l’Enfance, de la Jeunesse, de l’Aide à la Jeunesse et des Maisons de justice, qui succède à Yves Coppieters face aux parlementaires, en sait quelque chose.

Les mesures d’économies qu’elle est chargée de défendre concernent les organisations de jeunesse. Les détachements pédagogiques dont celles-ci bénéficient (mise à disposition de personnel enseignant nommé pour former et soutenir les cadres de l’organisation) vont prendre fin. Ils seront remplacés par des subventions à l’emploi, toutefois insuffisantes pour compenser la perte des détachés.

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Ici aussi, l’opposition a un boulevard devant elle. « Vous vous tirez une balle dans le pied, entame Leila Agic. Vos mesures d’économies vont affaiblir un secteur déjà mal en point. » « Vous enfoncez un nouveau clou dans le cercueil des organisations de jeunesse », appuie Hajib El Hajjaji, pour les verts, qui profite de sa prise de parole pour lâcher un scud en direction de Valérie Lescrenier, pointant le turn-over élevé qui touche le personnel de son cabinet. Trente-cinq personnes auraient déjà quitté ses cabinets (à la Fédé et à la Région wallonne), selon la presse, balance-t-il, suscitant des réactions outrées dans la majorité, choquée par cette attaque sous la ceinture. « C’est mesquin », dénonce Stéphanie Thoron. « C’est déplacé », contre-attaque Stéphanie Lange.

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La ministre elle-même ne s’offusque pas de l’attaque de l’écolo. Valérie Lescrenier avance même des raisons à cette « volatilité » : le travail exigeant demandé aux cabinettards ; les mentalités qui ont évolué, avec une importance accrue accordée à la vie privée ; les ambitions que s’est données ce gouvernement ; … Tout en reconnaissant que ce turn-over a pu avoir, par le passé, un impact sur les relations avec le secteur jeunesse, elle tient à rassurer : « Je vais bien et mon cabinet va bien ».