Les devoirs d’enquête consistèrent en perquisitions qui permirent la découverte de diverses sommes d’argent et de GSM. Ceux-ci contenaient les numéros d’appels de clients et, surtout, de livreurs qui, pour mieux ferrer les poissons/consommateurs, leur adressaient des messages de promotion, parfois au départ de téléphones de la cellule qu’ils occupaient en prison.
Bref, une organisation bien huilée qui, selon le parquet, œuvra du 18 mai 2022 au 2 mars 2024, avec des périodes plus ou moins longues pour les neuf prévenus. Seuls cinq d’entre eux se trouvaient sur le banc des accusés, avec le plus souvent des aveux partiels ainsi que des condamnations pour des faits similaires.
Au total, la substitut du procureur du roi Aurélie Bassine avait requis 18 ans de prison ferme: quatre fois 30 mois, trois fois 20 mois, deux fois 18 mois, à chaque fois assortis d’une amende de 8 000 euros, ainsi que la confiscation des produits, GSM et argent saisis, et, surtout, de 879 000 euros à titre d’avantage patrimonial illégal. Un montant que les avocats présents avaient bien entendu considéré comme excessif et « astronomique ».
Le tribunal ne s’est pas montré aussi sévère que ne l’avait été le parquet, mais il n’en a pas moins prononcé de lourdes peines de prison avec sursis: deux fois 30 mois de prison, une fois trois ans en complément d’un jugement antérieur pour faits similaires ainsi que des peines de 20, 18, 15 et 12 mois de taule. Une prévenue s’en tire avec 180 heures de travail. Le tribunal a également confisqué un total de 120 000 euros à titre d’avantages patrimoniaux illicites.