Le groupe GH n’a toutefois pas dit son dernier mot. « Une requête d’appel va être déposée », nous indique Me Yves Brulard, un des avocats du groupe GH.

Cette requête ne reporte toutefois pas l’audience prévue ce 18 mai devant la chambre des faillites. Où il pourrait y avoir des surprises ? Le groupe Hibert va plaider que la requête en appel est suspensive de la citation en faillite. Ce que les banques contesteront. Ce sera à la chambre des faillites de trancher.

Abus de procédure

L’avocat des banques, Me Charles-Antoine Leunen, va aussi une fois encore plaider qu’il y a un abus de procédures. La réponse du groupe GH est connue également. Il va « soutenir que défendre ses droits n’est pas en soit un abus sous peine de détruire les droits de chacun, notamment d’accéder à son juge et d’avoir un procès équitable qui protège la propriété », nous explique Me Brulard.

Et que va dire l’administrateur provisoire Me Aydogdu ? Pour rappel, il avait cité en faillite 22 sociétés du groupe GH début avril. « L’état de la faillite me paraît absolument incontestable », avait-il martelé lors de l’audience du 20 avril. Pourrait-il changer d’avis avec l’arrivée de l’investisseur américain Revetas ? On aura la réponse lundi lors de l’audience publique.

Le Term-sheet avec Revetas a été signé le 8 mai »

Du côté du groupe GH, on fait en tout cas comprendre que l’offre de refinancement de Revetas est confirmée. « Le Term-sheet avec Revetas a été signé le 8 mai », nous indique Me Brulard. « Le contrat fait 27 pages et il a été signé par toutes les parties », nous précise Me Nicolas Vanderstappen, un autre des avocats du groupe GH.

Le sauvetage du groupe Hibert pourrait coûter cher aux banques belges créancières

De quoi convaincre Me Aydogdu que la solution Revetas se concrétise effectivement ? Suspense… L’administrateur provisoire ne fait aucun commentaire. Mais si tel est le cas, on peut imagier qu’il devrait le dire au tribunal lundi. Et si cette solution aboutit, elle devrait conduire à la fin de l’administration provisoire.

Changement de gouvernance

Reste aussi à savoir ce qu’il y a dans ce « term-sheet ». On parle d’une injection de 500 millions d’euros (350 millions sous forme de prêts et 150 millions sous forme de fonds propres). Les banques seront très probablement appelées à accepter un abandon de créances, le tout est de savoir de quelle ampleur. Le groupe GH leur doit environ 300 millions d’euros.

Une partie de la dette (en particulier celle d’environ 80 millions contractée auprès du groupe family & friends) devrait être convertie en « equity » (capital).

Il y aura aussi la promesse d’un changement de gouvernance. Gérald Hibert aurait accepté de faire un pas de côté. Mais le fera-t-il vraiment ? Certains acteurs de l’immobilier qui l’ont côtoyé se posent la question…