Et de trois. Après l’antenne Brossard et l’antenne Deux-Montagnes, voici que l’antenne Anse-à-l’Orme s’ajoute au Réseau express métropolitain (REM). Quatre nouvelles stations situées dans l’ouest de l’île de Montréal s’ajoutent ainsi au réseau pour porter le compte total à 23.
Le public pourra accéder aux nouvelles stations gratuitement samedi et dimanche, entre 9 h et 18 h, ou selon le tarif régulier entre 18 h et 1 h 30. L’antenne entre officiellement en service lundi, selon les horaires et tarifs habituels.
Les médias ont pu avoir accès à cette nouvelle antenne vendredi. Malgré la vitesse élevée, les wagons à l’odeur de voiture neuve circulent paisiblement. Les rails surélevés surplombent en bonne partie l’autoroute 40 et offrent une vue perchée au-dessus des automobilistes, que les trains dépassent même dans certaines portions.
Le nouveau tronçon inclut la station Kirkland, la plus élevée de tout le réseau, à environ 24 mètres de hauteur.
Si tout se passe comme prévu, les usagers pourront se rendre de la station Anse-à-l’Orme, à l’extrémité ouest du circuit, à la gare Centrale, au centre-ville, en environ 35 minutes.
Les quatre nouvelles stations du REMStation Anse-à-l’Orme, à Sainte-Anne-de-BellevueStation Kirkland, à KirklandStation Fairview–Pointe-Claire, à Pointe-ClaireStation Des Sources, à Pointe-Claire
L’expert en planification des transports et chargé de cours à l’UQAM Pierre Barrieau se réjouit de l’ajout de cette antenne. C’est un projet qui va venir décongestionner beaucoup l’autoroute 40, explique-t-il. Il estime également que le choix d’inaugurer de nouvelles stations en mai est judicieux. Je suis très heureux qu’ils ouvrent la branche bientôt, parce que ça veut dire qu’on va avoir plusieurs mois de rodage avant que l’hiver arrive.
De nombreux problèmes étaient effectivement survenus dans la foulée du lancement des deux antennes déjà en service. De nombreuses pannes, arrêts de service et problèmes de communications avaient forcé la société responsable du projet, CDPQ Infra, à apporter des ajustements.
Julien Hurel, vice-président du projet du REM, assure que ces ajustements vont porter leurs fruits quant à la fiabilité du nouveau tronçon. Il y a une robustification de certains systèmes qui a été faite. […] Quand nous avons ouvert Deux-Montagnes [en novembre], nous avons triplé le réseau, mais divisé par deux le nombre d’enjeux. Donc la tendance est bonne, développe-t-il.
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Julien Hurel, vice-président du REM pour CDPQ Infra, et Carl Corbel, directeur des opérations du REM, étaient présents vendredi pour présenter la nouvelle antenne du REM aux médias.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Malgré les pépins, les responsables assurent atteindre leurs objectifs en matière de fiabilité. Les trains roulent comme prévu 99,2 % du temps à l’heure actuelle, soit légèrement au-dessus de l’objectif de 99 %. Au delà des chiffres, Julien Hurel met l’accent sur le sentiment des passagers par rapport au train léger.
On cherche surtout à avoir des utilisateurs qui ne se posent aucune question sur l’utilisation ou pas du REM pour une urgence, se rendre à un rendez-vous médical, pour aller à un examen à l’université. Le REM doit devenir incontournable.
Assez d’espaces de stationnement?
L’Ouest-de-l’Île est une région historiquement mal desservie par les transports en commun et où l’automobile est bien ancrée. Le nombre total de places de stationnement pour les quatre nouvelles stations est de 1200, bien en deçà des plus de 4000 places annoncées initialement.
Un système comme le REM ne peut pas être alimenté uniquement par des conducteurs de voitures, explique Julien Hurel. Ajouter trop de places de stationnement irait à l’encontre de deux objectifs visés par le REM, soit la réduction du trafic automobile et la réduction de la pollution, selon le responsable.
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Une grande partie de la nouvelle antenne surplombe l’autoroute 40.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Carl Corbel, directeur des opérations du REM, cite l’exemple du stationnement à la station Brossard, qui compte environ 3000 places à l’heure actuelle. Des études nous ont montré que, même si on montait jusqu’à 6000, même 10 000 places, le stationnement se remplirait, mais la congestion automobile augmenterait considérablement.
L’organisation mise ainsi sur un changement des habitudes des gens et sur une meilleure offre des modes de transport en commun auxiliaire. Une importante réorganisation des autobus de la STM pourra d’ailleurs être constatée dès lundi, jour de mise en service de la nouvelle antenne.
L’ouverture de l’antenne Aéroport toujours prévue pour 2027
L’ouverture du tronçon qui relie le réseau à l’aéroport Montréal-Trudeau est la prochaine étape de cet imposant chantier. Selon Julien Hurel et Carl Corbel, elle est toujours prévue pour 2027, en fin d’année. Les responsables de CDPQ Infra assurent que les travaux vont bon train, mais rappellent que la société de gestion de l’aéroport est responsable de la construction de cette station.
L’antenne Anse-à-l’Orme aidera à augmenter l’achalandage, mais l’antenne reliée à l’aéroport sera primordiale pour atteindre l’objectif de CDPQ Infra, fixé à 150 000 usagers par jour pour l’ensemble du réseau. À l’heure actuelle, le REM compte 78 000 usagers par jour. Un sommet de 104 000 utilisateurs en une journée a été atteint récemment. L’arrivée du printemps et le succès des Canadiens de Montréal expliquent en partie ce record, selon MM. Hurel et Corbel.
Et qu’en est-il des stations à Griffintown et à Pointe-Saint-Charles? Les discussions avancent, assure Julien Hurel. Nous attendons le feu vert du gouvernement.
La station Griffintown-Bernard-Landry, initialement connue sous le nom de Bassin Peel, fait partie des plans de CDPQ Infra depuis l’époque de planification des travaux. Or, une station supplémentaire avait été demandée par la Ville de Montréal en 2022.
Plutôt que devoir perturber le réseau deux fois et pour économiser, CDPQ Infra attend ainsi de savoir si l’ajout de la station Bridge-Bonaventure sera approuvé avant d’aller de l’avant.