« C’est probablement dû à notre bon pressing, a analysé Christian Burgess. C’est notre plan quand nous n’avons pas le ballon : nous essayons de les enfermer d’un côté et de les obliger à jouer long. Et quand ils n’ont aucune solution courte, ils sont forcés de le faire. Ce n’est peut-être pas l’une de leurs tactiques de départ. Ce n’était probablement pas leur intention. Mais ils y ont été contraints par la qualité de notre pressing. Ça joue évidemment en faveur de nos points forts. Donc, ça fait partie des aspects tactiques sur lesquels nous travaillons. »
Est-ce vraiment le cas ? Anderlecht, n’a-t-il vraiment joué qu’avec de longs ballons ? Voici ce que disent les statistiques.
Au total, lors de cette finale de Coupe, le Sporting aura fait 432 passes sur les 120 minutes disputées ce jeudi, selon Sofascore – une grosse cinquantaine de moins que l’Union (487). Soit 3,6 par minute : c’est la troisième moyenne la plus faible depuis l’entrée en fonction de Jérémy Taravel, après celles des déplacements à La Gantoise (1-1) et au Club Bruges (2-2).
Parmi ces 432 passes, les Mauves en auront fait 71 longues, c’est-à-dire celle de plus de 30 mètres. Lors des 14 autres rencontres dirigées par Taravel, le Sporting avait déjà eu recours à autant de longs ballons, même si ce match figure parmi les quatre où ils ont été les plus fréquents (16,4 % du nombre total de passes). En revanche, là où le bât blesse véritablement, c’est au niveau de la précision de ces passes longues : les Anderlechtois n’en ont réussi que 27 %. Jamais ce taux de précision n’avait été aussi bas, si ce n’est lors du déplacement chez les Buffalos cinq jours plus tôt. Depuis la prise de pouvoir de Taravel, il avait toujours oscillé entre les 33 % et 60 % jusqu’à jeudi, avec en moyenne générale de 40 %.
Les arguments de Bertaccini sont donc loin d’être totalement infondés. Anderlecht n’a pas soudainement abusé du long ballon de manière totalement inhabituelle sous Taravel, mais la finale a surtout mis en lumière l’imprécision des relances et les limites de l’approche face au pressing bien organisé de l’Union, qui a clairement privé le RSCA de solutions courtes. Le volume de passes longues reste dans les standards, mais leur inefficacité a atteint un niveau inédit.