Dans le premier groupe, figurent le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, la patronne des écologistes Marine Tondelier ou encore les députés et anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin. Tous soulignent que cette option correspond à la volonté des sympathisants de gauche. 82 % d’entre eux sont favorables à la tenue d’une primaire, selon un sondage Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs pour RTL, publié le 31 mars dernier. « Je veux un processus qui soit commun à tous et qui permette de se mettre d’accord sur la façon d’arriver à un candidat commun », a déclaré Olivier Faure sur Franceinfo ce lundi.
Dans le camp opposé, celui des adversaires de la primaire, se trouvent l’eurodéputé et cofondateur de Place publique Raphaël Glucksmann, l’ancien président et aujourd’hui député PS François Hollande, son ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, le député PS Jérôme Guedj, le sénateur écologiste et ancien candidat à la présidentielle Yannick Jadot… « Je considère que la primaire est d’abord une grande entreprise de désunion [à travers laquelle] nous allons mettre sur la place publique nos désaccords, nous allons ouvrir des blessures qui ne cicatriseront pas ensuite », a justifié Boris Vallaud, ce lundi sur les ondes de France Inter.
Le patron du groupe socialiste à l’Assemblée nationale défend plutôt l’organisation de rencontres de la « nouvelle gauche plurielle », en référence à l’alliance de partis de gauche de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin entre 1997 et 2002, pour « avoir, à la fin, un contrat de législature, un contrat de gouvernement, un programme commun et un candidat commun ».
« Otages de ce cirque »
Cette crise interne au PS agace les défenseurs de la primaire. « Nous sommes tous otages de ce cirque et de ce spectacle », a regretté ce mardi Clémentine Autain sur Public Sénat avant d’appeler le PS à « trancher avant l’été » sur l’organisation de la primaire.
« Je souhaite que la primaire ait lieu parce que je pense qu’il n’y a pas une autre façon de faire. Maintenant, s’il n’y a pas de primaire, moi j’y vais ! », a pour sa part souligné François Ruffin ce mardi sur France Inter.
Une fuite embarrassante pour Raphael Glucksmann, à un an de la présidentielle
La question du mode de désignation n’est, en réalité, pas le seul désaccord profond au sein du PS. Si Boris Vallaud défend un candidat commun de la gauche non-mélenchoniste allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, François Hollande, lui, préfère limiter le spectre aux sociaux-démocrates, sans les écologistes, les communistes et les anciens insoumis. Quant à un prétendant potentiel comme Raphaël Glucksmann, le mieux placé dans les sondages, il pourrait bien décider d’être candidat à l’élection présidentielle, qu’il y ait une primaire ou pas.
Mélenchon se frotte les mains
Et pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré pour une quatrième fois consécutive dans la course à l’Élysée, jubile. Pour celui qui a quitté le parti à la rose en 2008, le PS est devenu « une troupe confuse de gens qui se disputent à tout propos », a-t-il déclaré le 8 mai sur la chaîne d’info LCI.
Le leader des Insoumis profite même de la situation pour ajouter de l’huile sur le feu en tendant une nouvelle fois la main aux écologistes et aux communistes, à qui il promet une participation à son gouvernement s’il est élu. « Le reste de la gauche se donne rendez-vous à la rentrée, en septembre, pour commencer à discuter d’un projet. Ce n’est pas sérieux. »
Le PS semble déboussolé à un an de l’élection présidentielle, après avoir réalisé des résultats catastrophiques lors des deux derniers scrutins. En 2017, le président sortant François Hollande ne s’était pas représenté et Benoît Hamon avait obtenu 6,36 % des suffrages exprimés. En 2022, Anne Hidalgo avait fait encore moins bien : 1,75 %. Une seule conclusion s’impose, pour l’instant, après le départ de Boris Vallaud : la tenue de la primaire de la gauche hors-LFI est plus compromise que jamais.