Au mois de septembre dernier, nous rendions compte d’une étude suggérant que selon sa localisation corporelle (au niveau des jambes, des bras, des viscères…), la graisse a des effets différents sur la structure et la connectivité du cerveau, ainsi que sur les processus cognitifs.

La localisation de votre graisse pourrait affecter vos capacités mentales, selon une étude
On sait que l’obésité impacte le fonctionnement du cerveau, mais une récente étude va plus loin : ce n’est pas seulement la quantité de graisse qui compte, mais aussi sa localisation dans le corps. En fonction de l’endroit où elle s’accumule, les effets sur la structure cérébrale et les capacités cognitives pourraient différer. Décryptage…. Lire la suite
De nouveaux travaux, pré-publiés dans Nature Communications, viennent renforcer cette hypothèse et vont même plus loin. Ils apportent la preuve qu’une accumulation de tissu adipeux dans une certaine zone bien particulière de l’organisme serait responsable d’une accélération du vieillissement cérébral.
Pour mettre ce résultat en évidence, les auteurs – des chercheurs de l’Université Ben-Gourion du Néguev (Israël) – ont collaboré avec des scientifiques des universités de Harvard (Boston, États-Unis), de Leipzig (Allemagne) et de Tulane (Nouvelle-Orléans, États-Unis).
Ils ont recruté 533 femmes et hommes en fin de quarantaine, qu’ils ont suivis pendant des périodes allant de 5 à 16 ans. Tous ont bénéficié à plusieurs reprises d’IRM (trois sur cinq ans) afin d’évaluer la répartition de leur graisse corporelle et la structure de leur cerveau, ainsi que d’une évaluation de leurs capacités cognitives. Les scientifiques ont également suivi différents paramètres sanguins (cholestérol, triglycérides, glucose, hémoglobine glyquée, insuline, etc.).
The number on your scale is not what your brain is responding to.
A new study followed 533 adults for up to 16 years with repeated abdominal and brain MRI. Participants came from four prior dietary intervention trials at Ben-Gurion University. Researchers measured cumulative… pic.twitter.com/bWEJ8zYSTo
— William A. Wallace, Ph.D. (@WilliamWallace) May 12, 2026
La bedaine, facteur prédictif d’atrophie cérébrale et de déclin cognitif
Les résultats montrent que des niveaux élevés et persistants de graisse viscérale (le tissu adipeux intra-abdominal stocké autour de l’estomac, des intestins, du foie… qui donne la fameuse « bedaine ») étaient associés à :
une perte de volume cérébral plus rapide, notamment au niveau de l’hippocampe, un marqueur essentiel de la mémoire et du vieillissement ;une dilatation accélérée des ventricules cérébraux (les cavités situées à l’intérieur du cerveau), un signe bien établi d’atrophie cérébrale ;une diminution du volume de la matière grise, la zone périphérique du cerveau impliquée dans les fonctions cognitives.
Chez les personnes qui présentaient le moins d’accumulation de graisse viscérale en vieillissant, le volume du cerveau était plus important, tout comme le score d’occupation de l’hippocampe et le volume de matière grise.

Marche minceur : découvrez après combien de minutes la graisse commence à fondre
Une découverte scientifique récente révèle le moment précis où votre corps commence à puiser dans ses réserves de graisse pendant la marche. Cette durée magique de 22 minutes pourrait transformer votre approche de la perte de poids. Fini les exercices intensifs épuisants : la solution se trouve peut-être dans la simplicité d’une promenade quotidienne…. Lire la suite
Ni la graisse sous cutanée ni l’indice de masse corporelle (IMC) n’étaient en revanche associés à des modifications du cerveau. En d’autres termes, ce n’est pas votre poids sur la balance qui est important, mais bel et bien votre tour de taille.
Cette étude est la première à établir un lien entre des mesures répétées par IRM de la graisse viscérale cumulée et l’évolution à long terme du vieillissement cérébral et des fonctions cognitives.
Un problème de régulation de la glycémie
Selon les chercheurs, le lien entre graisse viscérale et santé cérébrale serait médié par l’équilibre glycémique et la sensibilité à l’insuline. On sait en effet que, chez les personnes en surpoids ou souffrant d’obésité et plus particulièrement chez celles dont l’excès de gras est localisé au niveau de l’abdomen, il arrive en effet fréquemment que l’action de l’insuline – et donc la régulation du taux de glucose dans le sang – soit perturbée.
Chez les volontaires de l’étude, les chercheurs ont pu constater que la glycémie à jeun et le taux d’hémoglobine glyquée HbA1c (qui reflète le taux moyen de sucre sanguin sur le temps long) prédisaient systématiquement les modifications survenant dans le cerveau avec l’avancée en âge.
Selon les chercheurs, il semblerait que l’insulinorésistance et la dérégulation chronique du métabolisme du glucose :
Ne désespérez pas si vous avez du ventre
Quand les scientifiques ont soumis un sous-groupe de volontaires à un régime de 18 mois destiné à réduire leur graisse viscérale, ils ont constaté que 5 à 10 ans après, ils avaient une bien meilleure structure cérébrale… même s’ils avaient entre temps repris du poids ! Autrement dit, la réduction de la graisse abdominale elle-même – plutôt que la perte de poids en tant que telle – était le facteur prédictif des effets à long terme sur le cerveau.

Graisse viscérale ou sous-cutanée : laquelle menace vraiment votre santé ?
Les graisses viscérale et sous-cutanée, bien qu’essentielles au fonctionnement de l’organisme, se distinguent par leur localisation et leurs effets sur la santé. Comment ces graisses sont-elles réparties dans le corps ? Quels facteurs, biologiques ou alimentaires, influencent leur accumulation et quels sont les risques métaboliques ou cardiaques associés ?… Lire la suite
« Le poids seul n’est pas un indicateur sensible des profonds changements métaboliques qui se produisent dans l’organisme, explique le Dr Dafna Pachter, première auteure de l’étude. Nous avons constaté que même une perte de poids modeste, une réduction durable de la graisse viscérale – mesurée sur toute la période – est associée à la préservation de la structure cérébrale et à un ralentissement de l’atrophie. »
Comment retrouver un ventre plat ?
Même si ces résultats sont en attente d’une validation finale, rien ne vous empêche de passer à l’action. Selon les médecins de l’université de Harvard, pour favoriser la combustion de la graisse abdominale, il faut prioritairement développer la masse musculaire :
augmenter les exercices de résistance (musculation) du haut et du bas du corps en utilisant des poids libres (haltères, kettlebells ou barres), des machines de musculation, des bandes élastiques ou simplement le poids du corps ;pratiquer 30 à 60 minutes d’exercice en aérobie d’intensité modérée (course à pied, vélo, natation…) trois jours ou plus par semaine.

La graisse du ventre est bien un facteur de risque de mortalité
Une récente méta-analyse confirme que l’adiposité qui se dépose au niveau du ventre accroît le risque de mourir prématurément, toutes causes de mortalité confondues. … Lire la suite
Une consommation suffisante de protéines (0,8 à 1,6 g par kilo et par jour, que vous trouverez par exemple dans le poisson, la volaille, les haricots ou le yaourt), ainsi qu’une diminution des calories (régime hypocalorique) devraient également vous aider à diminuer votre bedaine.
Gardez à l’esprit qu’une seule perte de graisse viscérale suffit. Si vous reprenez du poids ensuite, le bénéfice pour votre cerveau persistera. La conservation à long terme de vos capacités neuronales mérite bien cet effort, d’autant plus que vous diminuerez par la même occasion votre risque de mortalité prématurée.