Bpost va équiper près de la moitié des gares belges de distributeurs de colis d’ici fin 2025Dans quelles conditions travaillent les livreurs Amazon ?

Cette concurrence, Eric l’a constaté sur les routes wallonnes. Facteur pour Bpost depuis un paquet d’années, il commence par reconnaître que “l’évolution est nécessaire”. Mais il déplore les conditions dans lesquelles travaillent ses collègues issus d’autres entreprises de livraisons.

“Des sociétés comme Amazon ou Colis Privé roulent avec des véhicules dont je doute qu’ils passent le contrôle technique, paient les gens deux fois rien alors qu’ils font dix ou douze heures par jour, n’ont aucun droit et, s’ils ne distribuent pas les colis, ne sont pas payés…

La livraison est-elle une nouvelle forme d’esclavage ?

« Le problème, il est là. Ok, on doit évoluer vers des horaires plus tardifs pour pouvoir passer chez les gens, pour avoir plus de clients. Mais il faut aussi que les autres sociétés jouent le jeu. Je connais le gars qui fait ma zone pour Amazon. Il fait 140 kilomètres par jour pour distribuer 180 colis et il va péniblement chercher 1.100 euros à la fin du mois. Mais il en a besoin parce que sinon il n’a plus rien.”

Des livreurs exploités, potentiellement dégagés au moindre problème et directement remplacés. Une situation qui rappelle celles de ceux engagés par Uber Eats ou Deliveroo, et qui avait fait débat. L’État avait tapé d’un poing léger sur la table, imposant la reconnaissance de certaines situations vers du salariat et davantage de transparence, mais globalement, la situation de ces livreurs reste aujourd’hui très précaire. On est donc sceptique quant à l’amélioration à court terme de celle des livreurs de colis.

Un syndicaliste en négociation de Bpost dénonce la direction : « ils veulent la paix sociale pour pas un balle »