Retraite: Voici ce que l’Etat a économisé avec le relèvement de l’âge de la retraiteDe combien diminuera le taux de remplacement de votre dernier salaire ?
D’ici 2070, la réforme entraînera une diminution des taux de remplacement — c’est-à-dire le pourcentage du dernier salaire perçu sous forme de pension — d’environ 15 % pour les fonctionnaires, 7 % pour les salariés et 3 % pour les indépendants.
“Ce ciblage des fonctionnaires était un choix délibéré pour une “convergence des systèmes”, rappelle Maxime Fontaine, chercheur en finances publiques au Département d’économie de l’ULB. La logique du gouvernement : réduire progressivement les écarts historiques entre régimes, au nom de l’équité entre catégories de travailleurs.
Réforme des pensions de l’Arizona : “Notre dossier démontre qu’elle appauvrit les retraités et accroît les inégalités”Pourquoi la réforme va-t-elle accroître les inégalités entre les employés ?
Mais le rapport du Bureau du Plan révèle aussi que la réforme va accroître les inégalités entre pensionnés. En comparant les 10 % de pensions les plus élevées aux 10 % les plus faibles, la réforme creuse l’écart plutôt qu’elle ne le réduit.
Deux mesures en sont principalement responsables : l’arrêt de l’enveloppe bien-être, qui permettait de revaloriser périodiquement les pensions les plus basses, et la limitation de l’indexation.
Sacha Daout : « Le gouvernement avait pourtant affirmé tenir compte du statut des femmes et qu’elles ne payeraient pas la note à la pension… »Pourquoi les pensions des fonctionnaires sont-elles historiquement plus élevées ?
Concrètement, concernant la non indexation, les pensions supérieures à 2.000 euros brut par mois seront indexées jusqu’à ce plafond, mais la partie excédentaire ne le sera plus. Avec une inflation de 10 %, une pension de 3.000 euros sera donc revalorisée de 200 euros — et non de 300. Cette mesure touche particulièrement les fonctionnaires, dont les montants de pension sont historiquement les plus élevés du marché du travail.
Arizona: Nos pensions sous pression alors que l’espérance de vie augmente
Cet avantage avait historiquement été justifié par des salaires du privé jugés plus attractifs, assortis d’avantages annexes comme les pensions complémentaires du deuxième pilier (pension complémentaire constituée via l’employeur, telle que l’assurance groupe). Mais la réalité est moins rose qu’il n’y paraît : comme l’explique Maxime Fontaine, pour plus de la moitié des salariés, ce second pilier représente en moyenne un supplément ridicule de 28 euros. “Le second pilier est très peu développé en Belgique. Les avantages en nature comme la voiture de société ou les chèques-repas sont bien plus courants”, précise-t-il.