Pourquoi la tendance « tradwife » revient-elle sur le devant de la scène ? « Ce modèle des années 50 peut paraître séduisant »« Une tenue trop Lolita »
« Olivia Rodrigo pourrait-elle s’habiller comme une pop star normale au lieu de se déguiser en bébé ? », ou encore « Je ne comprendrai jamais qu’on puisse s’habiller comme un bébé », recense The Independent parmi les différentes réactions sur les réseaux sociaux.
Certains internautes considèrent donc cette tenue comme « infantilisante, inappropriée, voire trop Lolita », indique Vogue India. Mais cette interprétation s’éloigne de celle de l’artiste, qui a déjà porté ce genre de silhouette à plusieurs reprises, notamment dans son dernier clip pour le titre « Drop Dead », tourné au château de Versailles.
« J’adore l’idée de la robe babydoll. Je me souviens, plus jeune, des photos de Courtney Love et Kat Bjelland, de ces groupes punk riot grrrl, en robes babydoll, elles assumaient pleinement leur style. J’ai toujours trouvé ça super cool […] », a récemment confié la jeune femme à Vogue. Que ce soit pour l’esthétique, le confort et également l’expression qu’elle met dans son style vestimentaire lors de ses performances, Olivia Rodrigo remet donc au goût du jour, d’une certaine manière, le vestiaire babydoll.
L’influence grunge
Interrogé par le quotidien britannique, The Independent, James How, chercheur et universitaire spécialiste du rock, explique que les robes babydoll se sont popularisées pendant la pénurie de matériaux de la Seconde Guerre mondiale. « Ces robes plus courtes étaient perçues comme une version nouvelle et éclatante de la féminité », raconte-t-il. « Si vous regardez des vidéos de Courtney Love (qui récemment a soutenu la chanteuse, via son compte Instagram, ndlr) des décennies plus tard, les robes sont beaucoup trop petites pour elle, déchirées, sales. […] Rodrigo s’inspire de ces grandes stars du rock des années 1990, qui étaient vraiment de la mouvance alternative, mais je ne pense pas qu’elle joue avec les significations qu’elles représentaient », nuance-t-il.
L’historien de la mode Daniel Milford-Cottam explique, quant à lui, que les robes babydoll ont connu un regain de popularité dans les années 60. « Les jeunes femmes ne voulaient absolument pas ressembler à des versions miniatures de leurs mères. De nombreux créateurs concevaient délibérément des vêtements à l’allure très juvénile, dans le cadre de cette rébellion. Au milieu de cette décennie, le concept des « Swinging Sixties » s’était imposé, avec des ourlets raccourcis et des silhouettes amples, droites ou trapèze », souligne-t-il auprès du média anglais.
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D’après le magazine Elle, la robe babydoll est « un acte de rébellion ». « Dès sa création, elle s’est insurgée contre l’esthétique hyper-féminisée des années 50, où les ourlets mi-longs et les tailles cintrées étaient rois. Dans les années 90, elle a acquis une signification plus subversive lorsque des artistes comme Gordon et Love l’ont portée pour juxtaposer le côté subversif de leur musique à un style résolument féminin. À l’instar de Rodrigo, ces femmes ont remis en question l’idée que la féminité manifeste n’existe que pour être consommée ou servie par le regard masculin », ajoute le média.
Ce retour de babydoll en 2026 s’explique également par la nostalgie du vintage, le confort, et le retour en vogue de l’esthétique grunge, concluent les experts.