Vias demande l’acquisition de tests salivaires pour détecter la kétamine au volant
Un fléau dont le parquet fédéral de la sécurité routière a fait une priorité. Mais un énorme caillou vient de se mettre dans l’engrenage de la répression :, plusieurs zones de police seraient tombées à court… de tests salivaires ! « Le contrat avec l’ancien fournisseur de collecteurs salivaires est arrivé à échéance fin 2025, précise le SPF Justice. Comme il avait entre-temps cessé leur production, il n’était plus possible de passer de nouvelles commandes. »
Le SPF précise toutefois avoir lancé un nouveau marché public dont l’attribution est en cours. « Ce nouveau marché public a été lancé au cours de l’année 2025. Cette procédure est désormais finalisée et se trouve actuellement en phase finale d’attribution à un nouveau fournisseur. »
Entre-temps, une commande urgente de 1.775 collecteurs a pu être été effectuée. Ceux-ci ont été livrés en mars à la Police fédérale, qui a exceptionnellement servi de point de retrait pour les zones de police afin de permettre une distribution rapide.
Comme pour l’alcool, les policiers commencent par une « check-list » et regardent s’il y a des signes de consommation de drogue : yeux rouges, pupilles dilatées, odeur dans la voiture,…
En cas de check-list positive, un premier test salivaire est effectué à l’aide d’un écouvillon. Et si ce dernier est positif, intervient le deuxième test, plus intrusif et plus long qui permet de détecter la substance consommée et la quantité de produits encore présente. À l’aide d’un colleteur, on prélève de la salive pour l’envoyer en laboratoire où elle sera analysée, les résultats devant servir de preuve légale. C’est ce deuxième test qui est manquant.
Avec une conséquence importante. En temps normal, les conducteurs surpris sous influence perdent automatiquement leur permis de conduire pour une durée minimale de 12 heures. Une durée souvent portée à 15 jours par le parquet. Ensuite, ils sont cités devant le tribunal de police où le juge peut infliger jusqu’à 16.000 € d’amende et 5 ans de déchéance. Mais sans le second test, impossible pour le juge de statuer.
Avec la pénurie enregistrée depuis quelques semaines, de nombreux automobilistes échapperaient donc à la deuxième étape de la machine judiciaire.
Le SPF Justice se dit conscient des besoins sur le terrain et dit travailler activement à une solution structurelle. « Actuellement, deux trajectoires sont menées en parallèle : la distribution du stock disponible de collecteurs salivaires entre les zones de police ; et la finalisation d’un nouvel accord-cadre pour un approvisionnement structurel à plus long terme », conclut le SPF Justice.