Tom B., poursuivi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour ces deux préventions, le conteste. Sa défense l’a plaidé mardi. Et, avant que le tribunal ne prenne l’affaire en délibéré, Tom B. l’a répété : il n’a fait que « repousser » Gad D. Il a laissé entendre que les quelques contre-manifestants, drapeau israélien sur l’épaule, étaient dans la provocation. Il a estimé enfin que l’altercation a été « montée en épingle ».

Chants antisémites lors d’Anderlecht-Club de Bruges: le président brugeois aide la justice à identifier les supportersDes échanges véhéments

La question israélo-palestinienne est devenue inflammable depuis le 7 octobre 2023. Elle est explosive sur le campus de l’ULB. Le 7 mai 2024, les occupants du Bâtiment B, qui débutaient leur action qui durera 7 mois, étaient dès lors tendus, redoutant une expulsion.

Vers 19 h 45, les esprits s’échauffent lorsque quelques personnes s’approchent, drapeau israélien sur l’épaule. Les images de caméra de surveillance ont montré des échanges véhéments. Gad D. filme avec son téléphone. Tom B. n’apprécie pas. Il se dirige vers lui. Gad D., certificat médical à l’appui, affirme avoir reçu des coups au niveau du cou et de l’arcade sourcilière. Tom B. admet simplement l’avoir « repoussé » Gad D. Il n’en restera pas là : alors qu’un membre de la sécurité de l’ULB veut le ceinturer, il lui porte un coup de genou.

Devant le tribunal, faisant remarquer qu’il n’avait pas d’uniforme et qu’il pensait dès lors qu’il s’agissait d’un garde privé, il a invoqué la légitime défense.

« J’ai joué partout sur Terre, mais l’ULB est le seul endroit où mes affiches ont été arrachées ! »« Sale juif ! »

Tom B. conteste absolument avoir proféré l’insulte « Sale juif ! » envers Gad D. « J’ai été traité de ‘sale juif’ sur un campus où je me sentais protégé. Maintenant, je suis entré dans un autre chapitre de ma vie, mais je retiendrai qu’en 2024, sur le campus de l’ULB, on m’a agressé parce que je suis juif », a maintenu Gad D. devant le tribunal où il est partie civile.

La phrase n’a été attestée que par un seul témoin, retrouvé six mois après la scène au cours de l’enquête administrative menée par l’université. À l’issue de cette procédure, il y a six mois, le bureau disciplinaire de l’ULB a sanctionné Tom B. d’une exclusion d’un mois. Mais il n’a pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Devant le tribunal, au vu de l’instruction judiciaire, l’ULB a revu sa position. Partie civile, l’université a demandé que la circonstance d’antisémitisme soit retenue. Tom B. a maintenu : « Je lutte contre le racisme, donc cette accusation (d’antisémitisme) me touche énormément. Cela touche à mon honneur et aux combats que je veux mener dans la vie, à ce que je pense. »

Ministère public et parties civiles sont sur la même ligne. Estimant les coups et blessures et la circonstance d’antisémitisme établis, la procureure a requis une peine de 15 mois, sans s’opposer au sursis. Jugement le 16 juin.