Les enjeux d’un tel film sont colossaux. Habitué des films explorant des affaires véridiques (on se souvient de Présumé coupable sur Outreau ou L’Enquête sur L’Affaire Clearstream en 2015), Vincent Garenq s’est efforcé de croiser les points de vue pour comprendre comment l’engrenage s’est mis en place, depuis les mensonges d’une jeune collégienne de treize ans accusant Samuel Paty d’islamophobie jusqu’aux vidéos virales exigeant l’exclusion du professeur.
Reinartz sobre et déchirant
Tremblant, caché sous sa capuche, un carnet de blagues pour ses élèves et un marteau dans son sac à dos, Antoine Reinartz livre une interprétation sobre et déchirante de Samuel Paty, alors que le film pointe la responsabilité plus diffuse, car systémique, des bureaucrates de l’Éducation nationale. Emmanuelle Bercot force l’admiration en directrice également abandonnée par un « référent laïcité » ne percevant pas la gravité de la « fatwa » lancée contre le professeur pris pour cible.
Si les faits sont justes, on regrettera qu’un regard plus ample ou plus existentiel n’ait pu être mené sur le sens profond du travail de l’enseignant, réduisant certains personnages à des stéréotypes risqués, mais révélant aussi au passage d’excellents jeunes acteurs.
L’Abandon
Drame De Vincent Garenq Scénario Vincent Garenq, Alexis Kebbas Avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Emma Boumali Durée 1h40

L’Abandon ©Case Départ
L’Abandon ©Case Départ