l’essentiel
L’exposition consacrée à Paul Gervais au musée du Pays vaurais met en lumière un pan méconnu du patrimoine artistique toulousain. Près de soixante œuvres et de nombreux prêts privés redonnent éclat à ce « peintre du bonheur » de la Belle Époque.

Après plus de vingt ans de réflexion et de recherches, le musée du Pays Vaurais consacre enfin une grande exposition au peintre toulousain Paul Gervais. Une première dans l’histoire des musées pour cet artiste pourtant incontournable du patrimoine régional.

À l’origine du projet, le conservateur Paul Ruffié, animé par la volonté de réparer ce qu’il considère comme « une injustice ». Si le nom de Paul Gervais reste associé à la Belle Époque et aux fastes du début du XXe siècle, jamais encore une rétrospective muséale ne lui avait été entièrement dédiée.

Pourtant, son œuvre marque durablement le paysage artistique toulousain. La célèbre salle des Illustres du Capitole conserve plusieurs de ses grandes toiles, tandis que la salle des mariages lui est entièrement consacrée, privilège qu’il partage uniquement avec Henri Martin.

« Peintre du bonheur »

À travers près de soixante tableaux, l’exposition retrace le parcours d’un artiste souvent qualifié de « peintre du bonheur ». Ses scènes lumineuses et élégantes incarnent cette France de l’entre-deux, suspendue entre la guerre de 1870 et celle de 1914, une époque marquée par une quête d’insouciance et de raffinement.

Pour réunir cet ensemble exceptionnel, le musée a sollicité de nombreux prêteurs. Plusieurs institutions ont répondu présent, parmi lesquelles des musées de Toulouse, Narbonne, Perpignan et Paris, ainsi que l’École des beaux-arts de Toulouse.

Mais la singularité de cette exposition repose surtout sur l’importante mobilisation de collectionneurs privés, témoignant de l’attachement toujours vivant à l’œuvre de l’artiste.

Le parcours révèle également une facette moins connue de Paul Gervais : son activité de décorateur de palaces et de casinos aux côtés de l’architecte Édouard Niermans, célèbre notamment pour l’hôtel du Palais de Biarritz et le Negresco à Nice. Une carrière prestigieuse qui contribua à faire rayonner ce peintre toulousain bien au-delà de sa ville natale.

L’art s’apprend dès l’école

Dès le lendemain du vernissage de l’exposition, les classes font leur entrée au musée du Pays Vaurais. Derrière cette mobilisation, Charlotte Delannoy, assistante de conservation, orchestre la médiation culturelle auprès du jeune public avec une méthode rodée depuis de nombreuses années. Charlotte Delannoy suit les mêmes classes d’une exposition à l’autre et veille à aborder à chaque fois un sujet différent. 

L’objectif est de constituer, au fil des visites, un bagage culturel complet. En un peu moins d’un mois et demi, ce sont près de 1 200 scolaires qui sont attendus. Outre Lavaur, les écoliers de Labastide-Saint-Georges, Ambres ou Saint-Jean-de-Rive viendront au musée.

Pour faciliter l’accès des écoles éloignées, le musée s’appuie depuis une quinzaine d’années sur un partenariat avec la médiathèque. Une mutualisation pensée pour lever les obstacles financiers et garantir à tous les élèves, quelle que soit leur commune, l’accès à la culture.