Alors que le programme lunaire américain semble piétiner, celui de la Chine pourrait connaître de grandes avancées prochainement. Selon Jared Isaacman, une mission habitée autour de la Lune pourrait même avoir lieu durant l’année 2027.
« La prochaine fois que nous verrons des astronautes voler autour de la Lune, ce qui aura certainement lieu en 2027, il s’agira de taïkonautes, et les États-Unis ne seront plus la seule puissance à envoyer des humains vers l’environnement lunaire. » La prédiction nous vient de la Nasa, et pas de n’importe qui : Jared Isaacman, l’administrateur de l’agence spatiale américaine, en personne.
Isaacman s’exprimait lors d’un discours à Washington dans le cadre d’une conférence organisée par l’AIAA, l’institut américain d’aéronautique et d’astronautique. Comme le relate le site Space Policy, le sujet de la Chine a occupé une bonne partie de son intervention, alors que le pays a, en effet, multiplié les prouesses spatiales ces dernières années.
Un programme chinois peu connu
Malgré tout, savoir où en est la Chine dans son programme lunaire habité reste assez hasardeux tant les informations sont rares. Avant la fin de l’année, la mission Chang’e 7 doit décoller, avec un orbiteur qui tournera autour de la Lune, et un atterrisseur transportant un rover, et même un robot capable de sauter.
Il s’agit de la quatrième phase du programme d’exploration lunaire chinois, qui a déjà connu quelques succès majeurs, notamment avec les missions Chang’e 5 et Chang’e 6 qui ont pu ramener des échantillons lunaires, dont certains provenant de la face cachée, une première. Chang’e 7, puis Chang’e 8 en 2028 seront davantage consacrées à l’étude des ressources lunaires du côté du pôle Sud, tout cela dans le but de préparer le terrain avant l’arrivée d’humains.

La Long March 10 pourrait être utilisée pour des missions lunaires habitées. Source : CMSA
En parallèle, la Chine développe des véhicules destinés à ce type de mission, comme Mengzhou, déjà testé avec succès en 2025, et qui pourra transporter des taïkonautes jusqu’à la Lune. Un scaphandre avait même été présenté dès 2024.
En revanche, jamais la Chine n’avait évoqué de projets ressemblant à Artémis II, avec un équipage qui ferait le tour de la Lune sans s’y poser, alors pourquoi cette prédiction de Jared Isaacman ? Le fait est que les missions lunaires chinoises semblent suivre le processus des missions Apollo en leur temps, avec une approche « pas à pas », ce qui laisse entendre qu’avant de se poser sur la Lune, une première mission habitée sans atterrissage serait une possibilité.
La course à la Lune
La vision de Jared Isaacman peut donc paraître assez réaliste finalement, y compris en ce qui concerne la date, puisque de nombreuses avancées ont été réalisées ces dernières années, et que la Chine prévoit toujours un atterrissage pour 2030.

La suite du programme Artémis selon la Nasa. // Source : Nasa
Reste une question : qui arrivera en premier sur la Lune entre les États-Unis et la Chine ? Dans cette petite course, si les avancées chinoises sont discrètes, voire secrètes, les déboires étatsuniens sont bien publics. Après avoir prévu de planter la bannière étoilée dès 2028 avec Artémis III, la Nasa a bouleversé ses plans et laisse cet honneur à Artémis IV. Mais le calendrier semble serré pour arriver avant 2030 sachant qu’Artémis III, une démonstration en orbite terrestre, ne pourra pas avoir lieu avant la fin de l’année 2027, selon les prévisions les plus optimistes.
D’ici là, il reste encore énormément de travail à réaliser autour des atterrisseurs de SpaceX et Blue Origin, du SLS qui n’a au final volé que deux fois, mais aussi des combinaisons spatiales. S’il persiste des doutes sur les avancées réelles de la Chine, le calendrier de la Nasa est, lui aussi, assez incertain.

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