« Si personne ne fait rien, ça ne bougera jamais »
Alors Cédric Beckers se questionne. « En Belgique, on nous dit qu’il n’y a pas de preuves scientifiques. Mais alors pourquoi en France ou au Canada des études sur le sujet ont été réalisées et reconnaissent cela ? »
Le Limbourgeois fait notamment référence au document suivant : Vol. 132 : Cancérogénicité de l’exposition professionnelle en tant que pompier. Il s’agit d’une étude datant de 2022 menée en France par 25 chercheurs internationaux qui tirent comme conclusion que : « l’exposition professionnelle en tant que pompier a été classée comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1) sur la base d’indications « suffisantes » de cancer chez l’homme ».
Face à cette conclusion, l’ancien pompier s’impatiente. « On attend quoi pour reconnaître ça en Belgique ? Personne ne semble pressé, nos dirigeants ne semblent pas impliqués. On nous demande de sauver des vies, mais on nous sauve quand, nous ? »

©EDAUn soutien indéfectible de ses collègues
Lors de l’annonce de sa maladie, le Limbourgeois a été fortement soutenu par sa caserne « tant de la part des sapeurs pompiers, que des plus hauts gradés ». D’ailleurs, le colonel Quentin Grégoire, commandant de la zone Vesdre-Hoëgne & Plateau, appuie la quête de Cédric Beckers pour la reconnaissance de la maladie professionnelle.
Il faut dire que celui-ci n’est pas un cas isolé. Il affirme qu’au sein de la zone, 6 (anciens) pompiers ont actuellement développé un cancer. « Ils sont de différentes sortes : poumons, pancréas, testicules et des leucémies », relate-t-il.
Le Limbourgeois ne se bat pas tant pour lui, mais plutôt pour les futurs pompiers qui risquent leur vie. Il différencie néanmoins les anciens pompiers des nouveaux arrivants. « Depuis quelques années, on a une procédure de décontamination, explique-t-il. Désormais, on limite encore plus la contamination de notre peau ».
Si cela représente une avancée, ce n’est pas suffisant pour l’ancien pompier qui dénonce aussi la présence de PFAS dans les tenues des hommes du feu. « Entre les fumées toxiques, les différents polluants, le renouvellement de nos équipements… La transmission peut se faire par des nanoparticules, mais 1 + 1 + 1… et ce, pendant des dizaines d’années, ça peut faire des dégâts. »

Ils l’ont fait ! ©DR770 marches pour montrer qu’on ne se laisse pas abattre
Le 13 mai 2026, Cédric Beckers a décidé de participer à la traditionnelle ascension des escaliers de la tour de la Gileppe avec ses collègues. « Je n’étais pas sûr du tout de la faire, car mon état est très variable d’un jour à l’autre, rapporte-t-il. Et puis, j’ai regardé ma femme et je lui ai dit que j’allais le faire ».
Le Limbourgeois a déjà participé à deux reprises à cette ascension vêtu de l’équipement total de pompier. « Je sais que c’est difficile, mais je savais aussi que je pouvais m’arrêter à certains endroits et puis, de toute façon, j’étais accompagné de certains collègues », continue-t-il.

L’ascension a été laborieuse, mais très importante pour Cédric Beckers. ©DR
Finalement, Cédric s’est fait porter à certains moments par ses collègues hommes du feu qui portaient un tee-shirt rose pour sensibiliser aux cancers dans la profession. Ils ont gravi, ensemble, les 707 marches. « Sincèrement, j’ai souffert mais je voulais le faire pour moi et pour montrer aux autres qu’il ne faut pas baisser les bras ». Après l’exploit, une ovation lui a été faite et de nombreux messages lui ont été adressés, ce qui l’a énormément touché.
Maintenant, l’ex-pompier essaie de guérir et espère retrouver une place au sein de la zone VHP mais plus en tant que pompier, métier qu’il ne pourra plus jamais exercer.