Une autorisation pour une durée indéterminée
La dérogation britannique, qui prend effet ce mercredi, a été publiée mardi soir sur le site officiel du gouvernement.
Elle autorise les importations de diesel et de kérosène raffinés à partir de pétrole russe dans des pays tiers « pour une durée indéterminée ». Certaines sanctions visant le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe ont également été levées.
« Le gouvernement a annoncé hier (mardi) ce changement temporaire des règles concernant le pétrole et le raffinage, en raison de l’impact extrême du conflit en Iran, et de l’impact que cela a en se répercutant jusqu’à nos côtes », a déclaré mercredi le secrétaire d’Etat au Trésor, Dan Tomlinson, sur Sky News.
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Mises en place après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, les sanctions britanniques interdisaient l’importation de diesel et de kérosène produits dans des pays tiers à partir de pétrole brut russe.
Objectif: tarir les revenus pétroliers du Kremlin pour limiter sa capacité de financer la guerre en Ukraine.
« Après 18 mois passés à tenir tête à Poutine, le gouvernement travailliste a discrètement délivré une licence autorisant l’importation de pétrole russe raffiné dans des pays tiers », a tancé la cheffe de l’opposition conservatrice britannique Kemi Badenoch sur X.
Le blocage du détroit d’Ormuz ainsi que les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques du Golfe, causés par la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février, provoquent une flambée des prix de l’énergie, menaçant l’économie mondiale.
Mercredi matin, le baril de pétrole Brent s’échangeait autour de 110 dollars, près de ses récents sommets, reflétant les inquiétudes concernant les perturbations des flux transitant par le détroit.
Le gouvernement britannique critiqué
A la traditionnelle séance hebdomadaire de questions-réponses à la chambre des Communes, le Premier ministre Keir Starmer, fragilisé par la défaite électorale du Labour aux élections locales de début mai, a été sommé de s’expliquer.
« Il choisit désormais d’acheter du pétrole russe sale. Cet argent servira à financer la mort de soldats ukrainiens. N’a-t-il pas honte ? », a lancé la cheffe de file des conservateurs, Kemi Badenoch, accusant M. Starmer de « donner de l’argent à la Russie » de Vladimir Poutine.

Kemi Badenoch, accuse M. Starmer de « donner de l’argent à la Russie » de Vladimir Poutine.
Le chef des Libéraux démocrates Ed Davey a lui déclaré qu' »il ne fait aucun doute que cela risque de compromettre notre soutien à l’Ukraine ».
Les États-Unis rouvrent temporairement la porte au pétrole russe
Le Premier ministre a reconnu l’autorisation « à court terme » de « deux licences ciblées » dans le but « de protéger les consommateurs britanniques », mais a rejeté en bloc les accusations de l’opposition.
Au contraire, il a mis en avant l’instauration de « nouvelles sanctions » ciblées contre Moscou.