Les discussions actuelles portent notamment sur une bande de territoire d’environ 80 kilomètres de long et 65 kilomètres de large située dans la région de Donetsk. Dans le plan de Donald Trump, la Russie se voyait attribuer une certaine responsabilité sur cette zone, tout en étant interdite d’y déployer des forces militaires. Moscou exige que l’Ukraine lui cède les terres qu’elle contrôle dans cette zone comme condition à la fin du conflit.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a, de son côté, minimisé les perspectives d’une cession territoriale en échange de la paix. « Permettre à l’agresseur de prendre quelque chose est une grave erreur », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

« Les forces russes se réarment, tirent les leçons de la guerre en Ukraine et se réorganisent »Qui administrerait cette zone ?

Même si un accord de démilitarisation était trouvé, la gouvernance reste floue. Les sources anonymes évoquent la création d’une administration civile post-conflit, avec éventuellement des représentants russes et ukrainiens. Mais les contours institutionnels n’ont pas encore été définis.

L’Ukraine aurait également insisté pour qu’une force internationale de maintien de la paix soit déployée dans la région.

Une zone démilitarisée peut constituer une base crédible pour un accord, estime William B. Taylor, membre de l’Atlantic Council et ancien ambassadeur des États-Unis à Kiev. À ses yeux toutefois, un tel dispositif ne pourrait fonctionner que si les intérêts ukrainiens sont pleinement garantis, ce qui supposerait, selon lui, une pression accrue de l’administration Trump sur Moscou. « Il est important que ce soit une véritable solution, et non une solution imposée ou déséquilibrée. Toute solution imposée ne sera pas stable. Elle ne durera pas. »

Guerre en Ukraine : pourquoi la stratégie aérienne russe devient un piège économique pour Poutine« Une question de confiance »

La question du retrait des forces est un autre point sensible. En décembre, Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine ne retirerait pas ses troupes de la ligne de front à moins que la Russie ne retire les siennes d’une distance équivalente. Lors de pourparlers récents, les Ukrainiens ont discuté d’options pour un retrait partiel des Russes de la ligne de front, qui ne serait pas nécessairement symétrique.

Enfin, l’ordre dans lequel les différentes étapes doivent être mises en œuvre (zone démilitarisée, garanties de sécurité, cadre pour le financement de la reconstruction et élections) reste un sujet de discussion.

Volodymyr Zelensky a déclaré : « Je souhaiterais vivement que nous signions d’abord les garanties de sécurité, puis les autres documents. À mon avis, ce serait un bon signal. Ce n’est même pas une question d’équité, mais une question de confiance. »