En fin de semaine dernière, l’acteur Vincent Macaigne portait Laetitia Casta sur le tapis rouge du Festival de Cannes. Trouvant la séquence amusante, le magazine Madame Figaro publiait alors la vidéo sur Instagram et Facebook. Une courte vidéo regardée plus d’un million de fois, largement commentée. Des remarques pour la plupart bienveillantes, des fans qui s’extasient ou se questionnent sur la nature de leur relation. Mais également quelques médisants, ciblant le physique de la mannequin et actrice corse.
« Il va se faire un tour de reins » se moque un internaute ; « Ce n’est pas un poids plume »… Les médias people s’emparent du sujet, relevant le « sexisme » et la « grossophobie » dont est victime l’artiste, tandis que les internautes prennent globalement la défense de la star. Et plus généralement, s’offusquent des remarques incessantes sur le corps des femmes. De quoi déclencher une belle vague de soutien et l’expression d’un ras-le-bol envers le dénigrement gratuit sur les réseaux sociaux qui, nous le savons, peut mener à des situations dramatiques dans le réel.
« Belle et surtout naturelle » ; « Magnifique !!! Quand je pense que les critiques ont fusé sur cette sublime femme ! Quel sourire », commentent des spectateurs, pendant que d’autres s’offusquent : « Des jaloux, voilà tout ! », « Les commentaires sont affligeants. À croire que le regard de certains a été conditionné à un certain critère de beauté dont il ne faut surtout pas sortir. Cette femme n’a rien à prouver, sa beauté brise l’écran par son naturel et son authenticité ».
Des faux comptes en embuscade
Dans la foulée, la journaliste Elsa Wolinski publie une vidéo face caméra dans laquelle elle s’insurge : « J’en peux plus de cette obsession maladive que vous avez de disséquer nos corps, nos visages, nos dents […] Laissez-nous vieillir, laissez-nous changer ! […] À quel moment a-t-on décidé qu’une femme devait être lisse, silencieuse, maigre, éternellement jeune ? »
En se penchant sur les comptes qui publient ces messages, il est facile d’identifier de nombreux faux profils : créés récemment, sans publication, sans biographie ni abonnés. Pour rappel, une enquête menée par Imperva, société américaine éditrice de logiciels et de services de cybersécurité, parue en 2021, montre que les « bots » malveillants (des comptes robots) représentent presque un tiers de l’activité globale sur Internet. D’autres utilisateurs se cachent derrière une identité virtuelle : aucune photo de la “vraie vie”, des pseudonymes génériques. Il arrive d’ailleurs fréquemment que ces mêmes profils apparaissent sous de multiples publications polémiques, où ils relaient des commentaires à caractère haineux.