
Renat Suleymanov ©Wikipedia/Douma d’État
Renat Souleïmanov, juriste de formation, ancien élu municipal de Novossibirsk pendant plusieurs mandats, occupe depuis longtemps des fonctions importantes au sein du Parti communiste russe. Il siège à la Douma depuis 2021 à la commission des questions agraires.
C’est auprès d’un média local de Novossibirsk, sa région natale qu’il représente, que Renat Souleïmanov a partagé un opinion rare en faveur de la fin de la guerre, sans être pacifiste pour autant. « L’opération spéciale dure déjà plus longtemps que la Grande Guerre patriotique. Dieu fasse qu’elle se termine par une victoire, et non par un résultat intermédiaire », complète-t-il.
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Le communiste avance que 40 % du budget fédéral va à la défense et à la sécurité, ce qui réduit les marges pour le développement, les investissements, les dépenses sociales et les infrastructures. « Ni les chars, ni les obus n’ont de valeur d’usage : l’économie les produit, mais la population ne peut pas les consommer. Ce sont des dépenses pures. »
Le média russe Meduza précise que, selon le budget fédéral pour 2026 adopté par la Douma, les dépenses militaires atteindront environ 157,5 milliards d’euros, et 205,2 milliards d’euros en incluant la sécurité et le maintien de l’ordre, soit une fois et demie plus que les dépenses sociales, estimées à 131,6 milliards d’euros.
Selon Renat Souleïmanov, adopter un budget avec une réduction des dépenses militaires « n’est pas la chose la plus difficile », mais soulève d’autres questions pour l’économie russe. Il explique qu’il sera compliqué d’assurer un emploi dans l’économie à ceux qui seront libérés des usines de défense et reviendront du front. Le député communiste évoque également « des dépenses budgétaires colossales » pour reconstruire les territoires ukrainiens occupés et annexés par la Russie, « où il ne reste ni maisons ni système d’irrigation soviétique. »
Ses propos contrastent avec ses propres déclarations de 2022, il affirmait alors qu’il ne fallait négocier avec le « régime de Kiev » qu’aux conditions d’une capitulation. Il voyait également la mobilisation des Russes comme étant une « nécessité dure et pénible pour assurer la victoire. »