Derrière le scandale du périscolaire à Paris, les silences de l’ÉtatL’accueil temps libre est encadré
Au cours de son immersion, la journaliste française a mis au jour les nombreuses failles du système. Au fil des activités censées favoriser l’épanouissement, la socialisation et la découverte de nouvelles passions, elle a vu beaucoup d’animateurs sans formation suffisante, débordés ou inadéquats. Résultat : les (petits) enfants subissent des cris, des violences, des humiliations et pire encore.
Ce livre sort en plein scandale, à Paris, de violences sexuelles dans le périscolaire. Le sujet, qui était au cœur de la campagne des municipales dans la capitale française, a encore pris de l’ampleur. Depuis janvier 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.
Si on grattait la réalité en Belgique francophone, un tel sombre scénario serait-il à craindre ? En Fédération Wallonie-Bruxelles, l’accueil extrascolaire (avant et après l’école) des enfants de 3 à 12 ans relève du secteur de l’Accueil temps libre (ATL), qui est encadré par une réglementation spécifique et supervisé par l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE). L’ATL recouvre aussi les écoles de devoirs et les centres de vacances.
« Vous avez introduit le doute quelque part où il ne devait jamais entrer : dans une crèche »Pas de statistiques de contrôles
Ces trois domaines sont organisés sur base de décrets, auxquels les structures sont libres d’adhérer. De nombreux organismes bénéficient d’un agrément ou d’une reconnaissance, qui les oblige à respecter les critères définis dans les différentes réglementations (qualité, accessibilité…). À ces balises s’est ajouté un garde-fou fédéral.
Depuis le 1er mai 2024, tous les employeurs concernés doivent exiger un extrait de casier judiciaire de type 2 – anciennement appelé certificat de bonne vie et mœurs – pour tout adulte en contact avec des mineurs, même à titre bénévole. Chaque pouvoir organisateur et opérateur d’accueil doit veiller au respect de ces obligations légales quant aux personnes qui encadrent les enfants.
En complément de cette responsabilité des opérateurs, l’ONE a comme mission de veiller à la qualité et la sécurité des lieux d’accueil proposés aux enfants et aux jeunes pendant leur temps libre. Ce contrôle du secteur s’exerce notamment à travers des visites de terrain réalisées par les coordinateurs ATL, ainsi que des inspections (y compris financières). À ces occasions, on y vérifie notamment la présence des extraits de casier judiciaire des membres du personnel et des autres intervenants.
Suffisant ? Il n’existe pas, actuellement, de statistiques centralisées ou officielles relatives à ces vérifications, indique le cabinet de Valérie Lescrenier (Les Engagés), ministre francophone notamment en charge de la Petite enfance et de l’Enfance.
*Les Rois du silence. Périscolaire, l’enquête choc, Robert Laffont.