Fixer l’heure officielle de l’apéro à 17h30 : l’idée peut prêter à sourire, mais elle en dit long sur notre époque. En lançant cette campagne, Aperol entend vendre un mode de vie, un moment de décompression ritualisé, presque institutionnalisé. Les chiffres avancés sont révélateurs.

Six Belges sur dix se disent prêts à rejoindre un ami pour un apéro improvisé le soir même. Et près d’un sur deux affirme ne pas avoir besoin d’une occasion particulière pour trinquer. Si l’on voit le verre à moitié plein, on affirmera que c’est avant tout l’illustration du besoin de lien social après des années marquées par l’isolement, les crises sanitaires, l’inflation et une fatigue collective diffuse.

Barbecue et apéro : nos traditions qu’il faut préserver

Mais si l’on observe le verre à moitié vide, on se doit de constater que si l’apéro devient un réflexe quotidien plutôt qu’un plaisir occasionnel, il interroge notre rapport à l’alcool. En Belgique, pays de traditions brassicoles et de culture festive, la consommation d’alcool reste largement banalisée. Le fait que près de la moitié des répondants n’aient besoin d’aucun prétexte pour boire illustre à quel point l’alcool demeure intégré aux interactions sociales ordinaires.

Nous cherchons désespérément des moments de respiration collective mais nous continuons à les associer quasi automatiquement à la boisson. Allez, santé !

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