Des militaires seront déployés à compter de ce vendredi devant la synagogue de Charleroi pour en assurer la protection, annonce jeudi le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR). Cette décision s’inscrit dans la lignée du déploiement de soldats déjà effectué à Bruxelles, Anvers et Liège pour renforcer la sécurité de la communauté juive.

Depuis l’attaque sur la synagogue de Liège, début mars, qui n’a fait aucun blessé, les autorités fédérales veulent déployer des militaires. Cela a été fait dans plusieurs grandes villes, mais pas à Charleroi: « ça m’avait d’ailleurs étonné à ce moment-là », note Jacques Gurnicky, président de la communauté israélite de Charleroi. « Mais si maintenant l’Ocam a décidé qu’il le fallait, alors très bien, nous les accueillerons. Car ce qu’il s’est passé à Liège, qu’on pensait un incident isolé à l’origine, pourrait en fait avoir un commanditaire international, arrêté aux USA. Ca prend donc une toute autre dimension. »

Il regrette cependant devoir en arriver là. « Ca me fait très étrange de penser qu’on est danger dans notre synagogue… c’est un lieu de culte, pas une ambassade d’Israël. Imaginez qu’on doive protéger les églises catholiques avec l’armée pour des baptêmes ou des mariages, parce que des gens y vont prier et que ce simple fait d’observer un culte puisse les mettre en danger. »

La communauté juive de Charleroi a déjà été ciblée par le passé. Il y a 25 ans, des tirs de kalashnikov ont percé la façade de la synagogue, devant laquelle en 2003 un individu avait placé une voiture piégée aux bonbonnes de gaz. Plus récemment, le cimetière juif de Marcinelle a été saccagé, avec des étoiles de David arrachées des tombes. « Et récemment, on nous a cassé notre boîte aux lettres. Ca n’est certes pas très grave, mais j’espère que ça n’annonce rien de pire. »

Charleroi n’avait, de son côté, pas déployé de protection policière particulière ces derniers mois. La décision de déployer l’armée vient du ministre Quintin. Selon nos informations, deux militaires seront désormais déployés H24 devant le bâtiment, « pour une durée indéterminée. »

En 2003, la synagogue avait été ciblée par une voiture piégée