Près de 2 millions de pertes de recettes que Stavelot avait déjà anticipées
Un fameux manque à gagner, donc. Mais l’information avait été anticipée. « Déjà l’année passée, des articles avaient annoncé que le Grand Prix risquait de ne pas être organisé en 2028 et 2030. J’ai tenu compte de ces paramètres et on a commencé à provisionner. On a aussi pris des mesures de manière à pallier l’absence de deux compétitions, en sachant que si l’épreuve venait à être finalement organisée ce ne serait que du boni. »

Le bourgmestre de Stavelot, Fabien Legros, avait anticipé la non-organisation du Grand Prix. ©EDA
Mais en attendant cette hypothétique bonne nouvelle, la Commune devra composer sans les rentrées liées aux panneaux publicitaires, aux entrées de camping, à la billetterie… Et cette alternance pourrait bien se prolonger au-delà de 2032. « C’est certain qu’on ne peut plus dépenser de la même manière, poursuit le mayeur. Les années où le Grand Prix est organisé, on devra mettre une partie de recettes de côté afin de financer les années sans course. »
Des finances communales qui seront encore plus mises à mal
Et pour ne rien arranger, les finances communales sont mises sous pression par les mesures prises aux autres niveaux de pouvoir. « C’est vrai qu’on n’est pas rassuré par tout ce qu’on entend. On est aussi fort impactés par la cotisation de responsabilisation (NDLR : une dépense imposée par le fédéral pour le paiement des pensions des fonctionnaires locaux). »
Le bourgmestre de Stavelot ne veut pas toucher à la fiscalité ni à l’emploi
Et comme le bourgmestre ne veut pas toucher à la fiscalité, « qui est déjà élevée à Stavelot », préserver l’emploi et continuer à assurer un maximum de services, c’est du côté des projets qu’il faudra faire des économies. « Certains d’entre eux risquent de ne pas être présentés, parce que pas finançables. » La salle culturelle et le hall des sports, notamment, risquent de se retrouver en sursis.
« Il y a aura peut-être un retournement de situation. Ça me paraît très mal embarqué pour 2028, mais je veux rester optimiste pour 2030. »
Mais rien ne sert de mettre la charrue avant les bœufs. « Il y a encore des informations dont on ne dispose pas. On parle de nouvelles diminutions de moyens accordés par les autres niveaux de pouvoir. On décidera de ce qu’on fera, ou pas, une fois qu’on aura tous les éléments. »
Et puis, on n’est pas à l’abri d’une bonne nouvelle. « Peut-être que d’autres activités pourront compenser en partie les pertes liées à l’absence de Grand Prix. Et il y aura peut-être un retournement de situation. Ça me paraît très mal embarqué pour 2028, mais je veux rester optimiste pour 2030. »
À Malmedy, l’absence de Grand Prix aura aussi des conséquences
Du côté des voisins malmédiens, la non-organisation du Grand Prix aura moins d’impact sur les finances communales, mais quand même. « Cet événement représente minimum 700 000 € de recettes », détaille l’échevin des Finances Jacques Remy-Paquay.
Ici aussi, il faudra voir comment gérer cette perte. « On devra regarder du côté de nos dépenses et de nos investissements afin d’absorber le choc sans accélérer la fiscalité pour les Malmédiens. »

La perte du Grand Prix, c’est loin d’être une bonne nouvelle pour les finances malmédiennes. © ÉdA LABEYE PhilippeUne décision qui impactera bien plus que les finances communales de Malmedy et Stavelot
Et, outre la Commune, de nombreux acteurs économiques de la région vont être impactés. « Pendant les Grand Prix, les gîtes et les hôtels sont remplis, le chiffre d’affaires de l’Horeca explose, les commerces connaissent un afflux massif de clients… » Le secteur associatif, souvent présent lors du Grand Prix, sera également impacté.
Bref, « c’est un électrochoc pour la région. L’économie locale est très dépendante du Grand Prix. » Mais comme le mayeur stavelotain, Jacques Remy-Paquay se veut positif. « C’est aussi une opportunité de voir dans quelle mesure on peut être moins dépendant du circuit. Même si je n’y crois pas trop, on peut toujours espérer que le Grand Prix soit organisé plus qu’un an sur deux. Et dans ce cas-là, ce sera du bonus. »