C’est une idée qui séduit de plus en plus de monde : consommer plus d’aliments riches en zinc et en magnésium dans l’espoir de stimuler la production de testostérone, et donc d’accélérer la fabrication de muscle. Mais en réalité, ce n’est pas si simple.

La testostérone est une hormone androgène qui joue un rôle clé dans le développement de l’individu, tout particulièrement lors de la puberté chez les garçons. Son effet sur le muscle ne tient pas seulement à la quantité présente dans l’organisme mais aussi à la façon dont ce dernier y répond.

“Il y a deux facteurs essentiels, explique le professeur Leigh Breen, spécialiste en physiologie musculaire de l’université de Leicester, la quantité de testostérone présente dans l’organisme et le nombre de récepteurs des androgènes présents dans les muscles.” Ceux-ci servent de sites d’amarrage et permettent aux hormones d’agir sur la masse musculaire. Leur nombre est essentiellement déterminé par la génétique, mais leur efficacité peut être modifiée par le mode de vie, l’activité physique, par exemple. “Chez la plupart des êtres humains, le champ d’action de la testostérone est restreint”, prévient le chercheur.

En général, les variations naturelles du taux de testostérone n’ont qu’une faible incidence sur la masse musculaire. Leigh Breen précise :

“Durant la majeure partie de la vie d’adulte, les fluctuations naturelles et les changements dus à l’activité physique ou le régime alimentaire sont négligeables.”

Toutefois, la testostérone peut avoir des effets si elle est présente en très forte ou très faible quantité dans l’organisme. L’exemple le plus flagrant est l’utilisation de stéroïdes anabolisants. Ces substances font grimper le taux de testostérone dans l’organisme à des niveaux impossibles à atteindre naturellement. “Les effets sur la masse musculaire sont importants. Certains individus gagnent même du muscle sans entraînement”, détaille-t-il.

En revanche, certains troubles, par exemple l’hypogonadisme chez l’homme âgé, provoquent une diminution drastique du taux de testostérone. Un grave déficit de testostérone entraîne une perte musculaire et une faiblesse accrue, c’est pourquoi on prescrit des thérapies de remplacement de la testostérone (TRT) à certaines personnes.

[…] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :