« C’est une nouvelle approche opérationnelle fondée sur la concentration temporaire mais massive des effectifs dans les zones ciblées pour observer les dynamiques en présence et les interactions entre les suspects et intervenir rapidement avec le procureur du Roi », développe le bourgmestre.
Nettoyer des « lieux de consommation discrets » dont certains étaient devenus « de vrais dépotoirs »
Combien de temps ce dispositif va-t-il rester ? « Le plus longtemps possible », nous dit-on à la commune. Il s’agit en effet d’équipes qui sont actives en matière de prévention. L’effectif de la police secours (qui intervient suite aux appels d’urgence) n’est donc pas déforcé. Toutefois, ces équipes de la zone de police Midi sont orientées sur les quartiers qui en ont le plus besoin. Pour l’instant, c’est Cureghem et Aumale. Mais cela pourrait changer. Il n’y a donc pas de date de fin prévue.
« Ces actions se font en association avec la police fédérale et les équipes de la Stib qui mènent des opérations dans les stations de métro », poursuit Fabrice Cumps. Elles ont permis d’identifier et de nettoyer des « lieux de consommation discrets » dont certains étaient devenus « de vrais dépotoirs ».
« À Aumale, le parc, la place du Repos et la station de métro font l’objet d’une présence policière renforcée et continue avec des résultats. À Cureghem, les actions concernent aussi les centres d’accueil qui concentrent aussi les problématiques. » Des mesures ont également été récemment imposées à ces centres comme une diminution du nombre de lits et la présence d’agents de gardiennage.
Après avoir diminué la capacité du centre Belrefugees, Anderlecht réduit aussi les places d’accueil au centre du Samusocial de CureghemLe retour de Cover
Le bourgmestre se réjouit aussi du retour des équipes Cover : un dispositif d’aide socio-sanitaire visant à prévenir les risques de santé publique parmi les personnes sans-abri en Région bruxelloise. Ces équipes avaient perdu leurs financements, qui viennent d’être réoctroyés, et ont donc pu reprendre leurs actions dans le quartier, selon le bourgmestre.
Reste que malgré ces nouvelles annonces, beaucoup demeurent sceptiques sur les résultats. « Pour les résultats policiers, c’est maintenant », assure le bourgmestre. Mais pour la prise en charge des personnes en errance, le dilemme reste toujours le même. « Ces gens ne vont pas s’évaporer. » Manque de places dans des structures médicales, manque de places d’hébergement… La commune ne peut pas tout gérer. « Si on arrive à convaincre un toxicomane d’entrer en cure, il y a deux mois et demi d’attente. Il a bien le temps de changer d’avis. »
Bernard Quintin à Clemenceau : 10 arrestations
Notons enfin qu’à l’heure où le bourgmestre prononçait ces mots dans la salle du conseil communal, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) était à quelques mètres de là, dans le quartier Clemenceau. « Le ministre était ce jeudi aux côtés des policiers pour une action menée à Clemenceau et à plusieurs autres endroits dans Bruxelles : Gare Centrale, Porte de Hal entre autres », nous explique son cabinet.
Selon nos informations, cette opération Fipa (Full Integrated Police Actions), visant notamment le trafic de stupéfiants et coordonnée par la police fédérale, a débouché sur 10 arrestations : 6 judiciaires et 4 administratives. Des saisies de drogues ont aussi été réalisées et une arme a été trouvée.