Pistolet à la ceinture, souvenirs douloureux dans la tête et regard tourné vers l’avenir… la commissaire Giovanna Guarrasi, Vanina pour les intimes, mène ses enquêtes sous le soleil écrasant de la Sicile. Introduite l’an dernier sur France 3, elle nous revient dès le 24 mai, même chaîne, avec quatre nouveaux épisodes toujours emmenés par l’actrice Giusy Buscemi.

Adaptée des romans policiers de Cristina Cassar Scalia, la série « Vanina : Meurtres en Sicile », si vous n’avez pas suivi sa première saison, nous entraîne dans les rues de Catane, entre mer et pierre volcanique. Ancienne figure de la brigade antimafia de Palerme, Vanina a demandé sa mutation après avoir été rattrapée par ses traumatismes. Adolescente, elle a assisté à l’assassinat de son père, un policier exécuté… par la mafia. Un drame qui continue de la hanter, et qui a sérieusement entaché sa relation avec Paolo Malfitano, magistrat engagé dans la lutte contre le crime organisé.


À Catane, Vanina espère donc tourner la page. Mais évidemment, en Sicile, le passé n’est jamais très loin ! Chaque enquête semble réveiller des blessures anciennes dans une ville où la criminalité se mêle constamment à la vie quotidienne. Entourée d’une équipe haute en couleur, la jeune commissaire tente alors de résoudre des affaires complexes, tout en gardant à distance ses propres démons.




La première salve avait pour première qualité son atmosphère. Difficile de rester insensible aux paysages siciliens filmés avec gourmandise : les ruelles brûlantes de Catane, les façades anciennes, les marchés animés, les vues spectaculaires sur l’Etna… la série joue clairement la carte du dépaysement et transforme la Sicile en personnage à part entière. Dans cette lumière chaleureuse, chaque meurtre semble encore plus étrange.

De Miss à actrice

La fiction repose aussi beaucoup sur le charme de Giusy Buscemi. Ancienne Miss Italie devenue actrice, elle apporte une vraie fraîcheur à cette enquêtrice fragile mais déterminée. Sans chercher à transformer Vanina en héroïne d’action « badass », la série préfère montrer une femme cabossée, instinctive et profondément humaine. Elle enquête vite, parle franchement et avance souvent davantage à l’instinct qu’en multipliant les démonstrations de force. Un choix qui donne au personnage une certaine authenticité.

Pour autant, « Vanina : Meurtres en Sicile » reste un polar méditerranéen relativement classique. Ceux qui s’attendent à une série mafieuse nerveuse et violente façon « Gomorra » risquent d’être surpris. Ici, les enquêtes sont plutôt sages, et la tension modérée. On est davantage dans le « policier du dimanche » que dans le thriller explosif. Les intrigues se suivent agréablement, mais sans véritable révolution du genre.

Mais surtout, la série souffre d’un énorme défaut : son doublage français, qui manque cruellement de naturel et crée une sensation de décalage avec le jeu moyen des acteurs. Certains dialogues paraissent un peu plats, et l’écriture des personnages secondaires manque de relief.


Reste que l’ensemble demeure plaisant à regarder, justement parce qu’il y a cette ambiance méditerranéenne, cette façon très italienne de faire cohabiter les drames personnels, les repas animés, les enquêtes criminelles et les paysages de carte postale. « Vanina » ne cherche pas à être la série policière de l’année : elle assume pleinement son côté accessible et populaire. Et c’est probablement ce qui fait son charme…

Sa deuxième saison reprend exactement cette recette, et sert quatre nouvelles enquêtes indépendantes mais reliées par un fil rouge autour de la mafia. Cette fois, Vanina arrive à un tournant décisif de sa vie. Plus déterminée que jamais, elle veut enfin faire tomber le parrain Salvatore Fratta, dont la menace plane toujours autour d’elle. Dans le même temps, elle semble enfin prête à affronter ses sentiments pour Paolo, cet amour qu’elle avait préféré fuir par peur des représailles mafieuses…

« Vanina : Meurtres en Sicile », dimanche 24 mai, 21h10, France 3