Laurent Hublet sera le nouveau ministre bruxellois des Engagés

Selon la DPR, tout demandeur d’emploi sera pris en charge dans le mois qui suit son inscription chez Actiris, l’office de l’emploi bruxellois. Ce dernier a-t-il les capacités pour relever ce défi ?

Pour moi, le « pourquoi » est clair. Je vais maintenant travailler le « comment ». J’ai une première rencontre avec les équipes d’Actiris vendredi. Je vais les écouter, en toute humilité.

L’une des clés, n’est-ce pas d’augmenter l’offre d’emploi ? Comment le gouvernement va-t-il encourager l’activité économique ?

Il faudra avoir une approche suffisamment granulaire pour appréhender le développement économique quartier par quartier, avec des projets concrets, structurants. Le site d’Audi, qui était le premier employeur de Bruxelles, va être un de ces points structurants. On peut citer aussi le port de Bruxelles ou Mediapark à Schaerbeek, où on retrouvera le nouveau bâtiment de la RTBF, l’Ihecs, etc. Le projet Neo (sur le plateau du Heysel, NdlR) est un autre de ces points structurants. Depuis cent ans, Bruxelles est une ville de congrès internationaux : le Cinquantenaire est né de ces congrès, l’Atomium aussi. Il y a plein d’emplois derrière tout cela. On doit travailler en tenant compte de la réalité du territoire.

Laurent Hublet ou la philosophie de l’engagement: qui est le nouveau ministre bruxellois de l’Économie?

Peut-on encore rêver d’industries à Bruxelles ?

On l’a vu au sommet d’Anvers, il y a quelques jours : l’Europe veut réindustrialiser le continent. Or Bruxelles est historiquement une ville dans laquelle il y avait une activité industrielle plus importante que dans d’autres capitales. Il y a de la place, à Bruxelles, pour des activités manufacturières. 0n a plus d’un million de mètres carrés de bureaux. Cela demandera d’immenses efforts de rénovation et d’entretien.

N’y a-t-il pas un levier à actionner dans le domaine de la défense et de la sécurité, sur le site Audi ou ailleurs ? La DPR n’en parle pas.

Il y a évidemment des enjeux autour de la défense, en particulier la cyberdéfense. On a déjà un écosystème de cyberdéfense plutôt bien développé à Bruxelles. On doit continuer à le faire grandir. Sur le volet des infrastructures, il faudra travailler en bonne intelligence avec la Wallonie et la Flandre pour déterminer ce qui a du sens à développer à Bruxelles.

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La DPR insiste sur le volet nouvelles technologies et veut même faire de Bruxelles « la capitale de l’intelligence artificielle ». Mais est-ce un secteur qui va créer de gros volumes d’emplois ?

On ne peut pas rater le train de l’IA. C’est une révolution qui est transformatrice dans les métiers tertiaires. Or Bruxelles est une ville tertiaire. On a par exemple énormément d’hôpitaux sur le territoire. Il est probable que les activités de soins seront transformées de manière importante par l’intelligence artificielle dans les mois qui viennent. Pour moi, c’est dans ce type d’activités là qu’on doit favoriser le développement d’acteurs locaux de l’IA. Tous ceux qui vont implémenter l’IA ne sont pas des docteurs en intelligence artificielle avec 15 années d’expérience. Il y a aussi plein de gens qui se sont formés eux-mêmes. C’est cela qu’on doit accompagner.

Les demandeurs d’emploi qui ne maîtrisent pas assez l’une des deux langues nationales devront suivre une formation…

Le travail est une activité humaine collective, centrale pour l’intégration des individus. Pour cela, la langue est cruciale. On doit avoir le courage de dire aux personnes qui arrivent (en Belgique, NdlR) que, pour faciliter leur intégration, il faut maîtriser la langue parlée sur leur lieu de travail. Mais je suis conscient que ce n’est pas toujours simple.

Il faudra bien davantage que quelques semaines pour que Boris Dilliès retrouve un bon niveau en néerlandais

Et un ministre bruxellois, doit-il être bilingue ?

Je ne vais pas m’exprimer sur le niveau de connaissance des langues des autres ministres. Moi, j’ai eu la chance de grandir dans une famille bilingue. Je pense qu’on doit tous faire de notre mieux.

Vous comprenez l’émoi suscité côté flamand par le fait que le nouveau ministre-Président, Boris Dilliès (MR), ne maîtrise pas le néerlandais ?

Je l’entends. Et je crois qu’il l’a entendu aussi. Il a dit qu’il ferait de son mieux. Laissons-lui le temps de s’installer.