Plaisirs partagés

«Le Temps» vous propose un rendez-vous hebdomadaire lié à l’intimité, «Plaisirs partagés». Découvrez au fur et à mesure les épisodes dans ce dossier.

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Les articles sur la sécheresse vaginale pullulent dans les magazines. Mais qu’en est-il du vécu réel des personnes concernées? Comme souvent, il existe une pluralité d’expériences subjectives, dont il nous tient à cœur de rendre compte. Pour définir le phénomène dont on parle ici, ce qu’on appelle sécheresse vaginale – une expression pas très heureuse – désigne une diminution de la lubrification du vagin, souvent liée à une baisse des œstrogènes, notamment à la ménopause, bien qu’elle puisse arriver à tout âge en fonction de variations hormonales, de la pilule que l’on prend, pendant une grossesse, etc. Elle peut provoquer des sensations d’irritation, de brûlure ou de tiraillement, ainsi que des douleurs pendant les rapports sexuels.

Anne, professeure d’anglais et écrivaine de 60 ans, explique avoir ressenti cette sécheresse autour de ses 48 ans. «Cela fait donc plus de dix ans, mais je n’ai pas compris tout de suite à quoi c’était lié, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était un symptôme de la ménopause», relate-t-elle. Sur le moment, Anne le vit mal, d’autant qu’elle souffre également de bouffées de chaleur. «Je transpirais de partout, y compris du crâne, alors qu’en bas, c’était sec. Je trouve que c’est violent. C’est une souffrance qui s’ajoute à toutes les autres souffrances de la vie d’une femme: les règles, la douleur de certains rapports où on ne dit rien, l’accouchement. Moi qui n’avais jamais eu de problème de ce point de vue, pour qui la sexualité avait été importante et joyeuse, je l’ai vécu comme une trahison de mon corps.»