Microbiote : un intestin vieillissant fragilise tout le corps

Notre tube digestif abrite quelque mille milliards de micro-organismes dont l’équilibre conditionne bien plus que la digestion. Avec l’âge, la biodiversité du microbiote intestinal diminue et le nombre de micro-organismes pathogènes augmente. Typiques au-delà de 65 ans, ces modifications sont imputables à une alimentation altérée, aux traitements médicamenteux ou à la sédentarité croissante. Ce déséquilibre, appelé dysbiose, module l’inflammation systémique, la synthèse des protéines musculaires, la sensibilité à l’insuline et le métabolisme énergétique contribuant à la fragilité physique.  

Des études menées sur des centenaires montrent que les changements du microbiote liés à l’âge sont directement associés à la fragilité et à la santé physique générale. En sens inverse, des expériences animales ont montré que transplanter le microbiote de jeunes souris à des rongeurs âgés suffisait à inverser certains effets du vieillissement cognitif et immunitaire. Une alimentation riche et diversifiée en aliments d’origine végétale, sources de fibres et de polyphénols, reste aujourd’hui l’un des leviers les plus accessibles pour préserver la richesse du microbiote et, avec elle, la vitalité du système immunitaire.  

Âge biologique : la vraie mesure pour bien vieillir

Si le temps s’écoule de la même manière pour chacun, le processus du vieillissement suit un rythme propre à chaque individu. C’est ce que confirment des travaux menés à l’IHU HealthAge de Toulouse. Notre âge chronologique, déterminé par le moment de notre naissance, n’est pas un critère suffisant pour évaluer nos risques face aux pathologies liées au vieillissement. L’âge biologique, qui reflète l’état physiologique réel d’un individu, est plus pertinent. 

Pour l’établir avec précision, les chercheurs toulousains ont analysé une cohorte de 1 576 souris génétiquement diverses, conçue en miroir avec une cohorte humaine de 1 129 personnes âgées de 20 à plus de 100 ans. L’étude a révélé une grande disparité des déterminants d’âge biologique entre les sexes et a permis d’identifier des facteurs prédictifs du vieillissement en bonne ou en mauvaise santé, notamment la fonction musculaire, cardiaque, urinaire, immunitaire et l’état cognitif. C’est en jouant sur ces fonctions qu’il devient possible d’envisager des stratégies de prévention et des thérapies pour ralentir le vieillissement biologique, soulignent les auteurs. 

Vaccin contre le zona : un bouclier inattendu pour le cerveau

Le vaccin anti-zona protège contre les douloureux épisodes cutanés causés par la réactivation du virus varicelle-zona. Des travaux de recherche ont montré que ce vaccin réduisait de 20 % le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Une étude récente est allée plus loin en distinguant les stades de la maladie : le vaccin anti-zona composé du virus inactivé peut diminuer le déclin cognitif chez les personnes souffrant de troubles précoces, mais aussi réduire la mortalité chez les patients atteints d’une forme plus avancée. Ces effets protecteurs sont par ailleurs plus importants chez les femmes que chez les hommes.  

Notre système immunitaire s’affaiblissant naturellement avec l’âge, la vaccination représente un levier de prévention accessible. Pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie pour les personnes de plus de 65 ans, le vaccin anti-zona se révèle un moyen potentiellement efficace de lutter contre les maladies neurocognitives.