Les colorants et conservateurs alimentaires augmentent le risque de maladies chroniques, selon trois études françaises portant sur plus de 100’000 personnes. Les résultats mettent en évidence des associations avec le diabète, certains cancers et les maladies cardiovasculaires.

Les données montrent par exemple une augmentation de 38% du risque de diabète de type 2 chez les personnes qui consomment le plus de colorants par rapport à celles qui en consomment le moins.

Concernant le cancer, les chercheurs observent une hausse moyenne de 14% du risque tous types de cancers confondus et pour l’ensemble des additifs étudiés. Dans le détail, certaines substances présentent des associations plus marquées. Le bêta-carotène, par exemple, serait associé à une augmentation de 40% du risque de cancer du sein.

>> Ecouter le sujet de La Matinale : Les additifs alimentaires pourraient augmenter les risques de diabète et cancer / La Matinale / 1 min. / jeudi à 06:21 Des produits consommés de manière répétée

Pour les équipes de recherche en épidémiologie nutritionnelle de l’Inserm, l’exposition aux additifs est particulièrement diffuse dans l’alimentation industrielle.

« Il y a plus de 139’000 produits qui contiennent au moins un colorant, plus de 700’000 qui contiennent au moins un conservateur. Donc ça peut être des sauces, des confiseries, des plats préparés, des yaourts aromatisés. On peut en trouver dans beaucoup de produits différents qui sont généralement consommés de manière répétée », souligne Mathilde Touvier qui dirige l’équipe de recherche, jeudi dans La Matinale de la RTS.

Selon elle, la répétition de ces expositions via des produits ultra-transformés pourrait jouer un rôle dans l’apparition de pathologies à long terme.

Des additifs jugés en partie évitables

Les chercheurs pointent également le caractère souvent non indispensable de certains additifs, notamment les colorants.

« Ce sont des additifs purement cosmétiques. Ils servent uniquement à rendre les produits plus jolis, plus attractifs et à en faciliter la vente. On peut donc se demander pourquoi ces additifs sont encore sur le marché, alors qu’il existe des alternatives sans colorants.

L’équipe de recherche plaide pour une mention plus précise sur l’étiquette. Mais aussi des politiques fiscales et une régulation de la publicité pour pénaliser les produits ultra-transformés.

Alexandra Richard/hkr