Malgré quelques incertitudes sur la participation américaine et un programme jalonné de reports – 2016, 2018, 2020, 2022 – puis une suspension forcée après l’invasion russe de l’Ukraine qui a mis fin à la coopération avec Roscosmos, la mission ExoMars 2028 avance.
Le lancement du rover martien est toujours prévu en 2028, pour une arrivée sur la Planète rouge en 2030, afin de répondre à une des questions les plus fascinantes : la vie a-t-elle existé sur Mars ?

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Et si l’on pouvait observer la surface de Mars avec une précision inédite, sans nouvelle mission spatiale ? Grâce à l’intelligence artificielle, des chercheurs sont parvenus à fusionner d’anciennes données orbitales pour produire des cartes thermiques haute résolution de la Planète rouge, révélant des détails jusque-là invisibles et ouvrant de nouvelles perspectives pour son exploration…. Lire la suite
Aujourd’hui, ce programme de l’Agence spatiale européenne (ESA) franchit une étape concrète.
Il y a quelques jours, Thales Alenia Space, maître d’œuvre du consortium industriel et qui assure l’intégration des différents systèmes, a annoncé que les modèles structuraux de la mission ont été assemblés à Turin puis transférés à Cannes, où débute la première phase de tests et de vérifications sur plusieurs semaines.

Le module (bouclier avant et arrière) à l’intérieur duquel voyagera le rover et sa plateforme d’atterrissage. © Thales Alenia Space
Ce que ces modèles représentent
Ces modèles structuraux sont des répliques fidèles du modèle de vol, celui qui acheminera le rover Rosalind Franklin jusqu’à la surface de Mars. La mission se compose de quatre éléments :
Le module de transfert, qui propulsera l’ensemble de la Terre vers Mars.Le module d’entrée, de descente et d’atterrissage (EDLM), qui gérera la rentrée atmosphérique et la descente.La plateforme d’atterrissage, qui servira de base stable une fois posée sur le sol martien.Le rover Rosalind Franklin, capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur pour collecter et analyser des échantillons à l’abri des rayonnements, dans l’espoir de trouver des traces de vie passée.Une campagne de tests en trois phases
Avant que le modèle de vol définitif ne soit finalisé, ces répliques structurales doivent d’abord être soumises aux conditions les plus extrêmes de la mission : les vibrations du lancement, les chocs de la séparation des étages, les contraintes de la rentrée atmosphérique et les forces à l’atterrissage.

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Alors que la mission ExoMars 2028 se profile à l’horizon, Thales Alenia Space et Airbus se préparent à relever le défi complexe de l’atterrissage sur la Planète rouge. Dans un contexte marqué par des échecs passés, les ingénieurs s’engagent dans des tests rigoureux pour garantir la sécurité du rover Rosalind Franklin avec un atterrissage « parfait » de la plateforme qui l’amènera sur le sol martien…. Lire la suite
La campagne se déroulera en trois phases. À Cannes d’abord, les modèles seront soumis à des essais vibratoires et acoustiques reproduisant l’environnement du lancement. Ensuite, direction Turin pour des tests de chocs, de séparation et de résistance structurelle statique. Puis, retour à Cannes pour la phase finale, la plus complète : le Proto-Flight Model (PFM), c’est-à-dire le modèle de vol entièrement intégré, sera alors soumis à des essais sous vide thermique, des tests vibratoires et acoustiques, des mesures de compatibilité électromagnétique et un équilibrage dynamique.
L’objectif de toute cette séquence est simple : s’assurer que rien ne sera laissé au hasard lorsque la mission décollera vers Mars.

Les modèles structuraux de la mission ExoMars 2028. © Thales Alenia Space
La parole à Franco Fenoglio, responsable des programmes d’exploration humaine et robotique du Système solaire chez Thales Alenia Space :
Futura : Les tests vibratoires et acoustiques à Cannes simulent-ils exactement les conditions du lanceur prévu (Falcon Heavy) ou s’appuient-ils encore sur des données de l’ancienne configuration avec Proton ?
Franco Fenoglio : Les niveaux appliqués sont issus de l’analyse effectuée avec le nouveau lanceur sélectionné, Falcon Heavy, et reflètent les sollicitations réelles attendues sur l’engin spatial.
Futura : Quels sont les critères de succès ou d’échec de ces campagnes de tests ? Un échec structurel conduirait-il à une reconception partielle, et dans quel délai ?
Franco Fenoglio : Plusieurs paramètres sont surveillés pendant l’essai. Les critères de réussite sont liés à la vérification des niveaux attendus et à la collecte des données prévues afin de corréler les modèles mathématiques.
En principe, aucune défaillance structurelle n’est attendue, car la conception est pensée pour résister aux charges prévues. En cas de problème imprévu, une évaluation sera effectuée en fonction de la nature réelle du problème potentiel.
Futura : Combien de temps durera la campagne complète de tests (Cannes + Turin + Proto-Flight Model) avant de pouvoir lancer la production du modèle de vol définitif ?
Franco Fenoglio : La campagne à Cannes (essais dynamiques) se poursuivra jusqu’à la mi-juin 2026, suivie des essais à Turin (séparation et essais statiques) jusqu’à la mi-octobre.
Quoi qu’il en soit, en raison du calendrier serré pour respecter le lancement en 2028, la quasi-totalité des éléments structurels du modèle de vol sont déjà construits et font actuellement l’objet d’une réception au niveau des sous-systèmes.