Bientôt huit saisons que Tim Matheson incarne Vernon Mullins, le médecin de famille de Virgin River. L’acteur reviendra dans la saison 8 de la série romantique de Netflix, actuellement en tournage. Lors de voyages en Italie et en France, Tim Matheson a souhaité rencontrer les acteurs qui le doublent dans ces deux pays.
À Rome, il a donc dîné avec l’acteur italien Massimo Lodolo et son épouse Benedetta Degli Innocenti, qui double quant à elle le personnage de Mel dans la version italienne de Virgin River. À Paris, Tim Matheson a déjeuné avec l’acteur français Olivier Destrez (qui est aussi la voix française de John Stamos et Charlie Sheen) et son épouse Ankie.
Avant le tournage de la saison 8 de Virgin River, Tim Matheson a rencontré son doubleur français
Télé-Loisirs : Vous avez récemment rencontré les acteurs qui vous doublent, en France et en Italie. Pour quelle raison ?
Tim Matheson : J’étais en vacances avec mon épouse, elle a de la famille en Italie et on adore venir en France. Je trouvais que ce serait intéressant de les rencontrer. En Italie, l’acteur Massimo Lodolo, qui me double, est marié à Benedetta Degli Innocenti, qui double Mel !
Pensez-vous que ces acteurs ont quelque chose en commun avec vous, qui explique qu’ils aient été choisis pour doubler votre voix ?
Oui, je le pense. Ce sont tous les deux des acteurs sincères, intelligents et accomplis, qui s’expriment bien. Cela m’a montré à quel point Doc est intelligent. C’est un homme éduqué. Il est certes un peu rustique, mais il est très complet.
Ces rencontres vous ont-elles appris quelque chose sur vous-même ou votre carrière ?
Absolument ! Quand je suis sorti d’être un enfant acteur, vers 16 ans, j’étais très petit et je donnais l’impression d’avoir 10 ans. Il y a une période de deux ans où j’ai commencé à avoir d’autres rôles et où j’ai travaillé dans le doublage, avec certains grands noms du métier, comme Mel Blanc, qui faisait les voix de Tex Avery comme Daffy Duck et Bugs Bunny, ou Alan Reed, la voix de Fred Pierrafeu.
Ces gens étaient de grands techniciens, qui pouvaient donner une personnalité à un chien, un chat ou un canard. Cela m’a permis de m’ouvrir à ce genre de talents, à l’époque, je n’avais aucune idée que l’on pouvait faire ça. Cela m’a donné un grand respect pour ces acteurs et m’a donné à voir une facette du métier que j’ignorais.
Cela fait bientôt huit saisons que vous incarnez Doc dans Virgin River. Votre relation à votre personnage a-t-elle évolué au fil des ans ?
Je pense qu’à travers sa relation avec Mel, il a appris. Vous savez, quand vous vieillissez, vous pouvez avoir tendance à vous renfermer, à maudire les jeunes qui sont toujours sur leurs téléphones ou les réseaux sociaux… Vous vous souvenez de comment les choses étaient avant. Mel lui a permis de rester jeune et de s’ouvrir au changement.
Au début, quand elle arrive, il est un peu en colère, elle fait les choses différemment, ils se disputent. Et puis, il apprend à apprécier sa jeunesse, mais aussi son talent et son approche. Je pense que c’est ça le plus grand changement.
Virgin River : Tim Matheson (Doc) se confie sur sa relation avec Alexandra Breckenridge (Mel)
Doc vous ressemble-t-il, d’une certaine manière ?
Oui, bien sûr. Je pense qu’en vieillissant, il faut faire attention à ne pas refuser le changement, il faut avoir conscience de ça. Il faut apprendre à accepter que c’est ainsi, de reconnaître ce que la nouveauté peut apporter de bon.
Doc et Mel ont développé une relation père/fille au fil du temps. Est-ce aussi le cas pour vous et Alexandra Breckenridge ?
Je ne sais pas. Oui, je pense que de tous ceux avec qui je travaille, j’ai sans doute une certaine facilité à jouer avec Alex. C’est quelqu’un en qui j’ai une totale confiance. Quand nous jouons ensemble, je n’ai qu’à l’écouter pour que la scène soit réelle. Et je ressens cette connexion émotionnelle comme un père et une fille.
Et un immense respect pour elle, comme Doc avec Mel. Mel est une grande professionnelle et il se fie à son opinion et ses instincts. Je ressens la même chose pour Alex. C’est une très, très bonne actrice, elle est honnête et vraie et c’est une joie de travailler avec elle. J’apprends chaque jour avec elle.
Vous allez bientôt publier vos mémoires. Qu’est-ce qui vous a inspiré à les écrire ?
En tant que jeune acteur, j’ai eu la chance de côtoyer toute une génération d’acteurs que la plupart des gens ne connaissent plus aujourd’hui, comme Lucille Ball, Henry Fonda, Jackie Gleason ou Dick Van Dyke. Je voulais partager tout cela, expliquer ce qu’il vaut mieux faire ou éviter pour les jeunes acteurs, à travers les différentes situations que j’ai vécues. Ça a été une expérience amusante à faire.
Vous avez souvent incarné des médecins dans votre carrière. Comment expliquez-vous cela ?
Peut-être parce que j’ai l’air cultivé ? Pourtant, je n’ai pas fini l’université. Et puis, je pense que c’est aussi car j’ai une grande empathie. J’essaye toujours de m’ouvrir aux autres et de m’y intéresser. C’est ce que doit faire un bon médecin.
Après une carrière aussi riche et longue, comment faites-vous en sorte de conserver un intérêt pour chaque rôle, pour qu’il ne s’agisse pas juste d’un rôle de plus ?
C’est une bonne question. Je regarde toujours le scénario : est-ce que le scénario est bon ? Et qui sont les gens impliqués ? Si vous pouvez être sur la même longueur d’onde, pour faire du bon travail et ne pas juste venir pour l’argent, même s’il n’y a pas de honte à ça, en général c’est bon signe. Bien sûr qu’il faut pouvoir payer son loyer. Mais c’est l’avantage d’une série aussi longue et avec autant de succès sur Netflix que Virgin River.
Je ne le ferai pas si le rôle, le personnage, les personnes impliquées ou le scénario n’avaient pas d’intérêt. Même lorsque vous n’avez qu’une journée de travail pour un projet, vous devez créer un personnage de zéro, vous passez plusieurs semaines à imaginer ‘qui est cette personne ? Que faisait-elle quand elle était plus jeune ?’
En tout cas, c’est comme ça que je travaille, que ce soit pour un tournage d’une journée ou de dix jours. Vous devez créer quelqu’un de vrai, pour chaque rôle. C’est ce que je recherche.