Et les profs trouvent un écho favorable auprès de parents. Elhadi Malak, parent d’élève, était ainsi venu soutenir les manifestants. « Soutenir ce que les enseignants sont en train de faire, c’est également soutenir l’avenir de nos enfants », affirme-t-il. À côté de lui, son fils Mohammed acquiesce. « J’ai vraiment de la peine pour mes profs. J’aimerais faire des études scientifiques après les secondaires, mais avec l’augmentation du prix du minerval, cela risque d’être compliqué », déplorait il.
À Charleroi, les profs ont sensibilisé les automobilistes au niveau du rond-point du Marsupilami.
Le mouvement n’a pas tardé à prendre de l’ampleur aux quatre coins de la Wallonie. Des professeurs de différentes écoles du sud de la province ont par exemple protesté ce jeudi contre les mesures d’économie du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec des méthodes parfois originales, comme de donner cours de latin, de pharmacie, de français… sur le marché à Arlon. L’idée est d’attirer l’attention sur le travail invisible. On passe un certain temps à donner un cours, on en passe le double à le préparer, sans compter les corrections. On a inscrit tout ça sur un panneau pour que les gens comprennent notre action. »
Samedi matin, c’est à Tournai que des profs ont profité de la vitrine offerte par le marché hebdomadaire pour montrer le travail qui s’effectue en dehors des heures de classe.
Quelques enseignants y ont aperçu la députée wallonne Dorothée De Rodder (PS). Une bonne occasion de l’interroger sur la situation au Parlement mais aussi par rapport au report du vote du décret.

Les enseignants se sont installés sur la Grand Place pour corriger mais surtout pour continuer à protester contre le décret. ©C.P.
La socialiste a conseillé aux enseignants de solliciter les élus locaux qui siègent également au Parlement. « Ce sont eux qu’il faut convaincre. Actuellement, il nous manque six voix. Celles du PS, du PTB et des Ecolos sont acquises », a assuré la députée qui a confié que certains élus Engagés ne se sentaient pas véritablement en accord avec le décret.
Une action similaire a été menée à Ath où des profs ont fait leurs corrections sur la Grand-Place.
À Andenne aussi, les profs de Sainte-Begge ont voulu illustrer le boulot d’enseignant qui ne se joue pas qu’en classe en corrigeant des copies à front de rue.
« On n’est pas là pour de l’argent mais pour défendre nos valeurs »
À Uccle, devant l’IRSA, vendredi matin, des enseignants de cet établissement spécialisé pour personnes sourdes et aveugles ont dénoncé les mesures portées par la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny. Entre suppressions de moyens, surcharge du personnel et crainte d’un accompagnement au rabais pour les élèves, les professeurs disent ne « plus savoir quoi faire d’autre » pour être entendus.

Devant l’IRSA à Uccle ce vendredi matin, des enseignants du spécialisé ont dénoncé les mesures portées par la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny, qui doivent être votées mercredi prochain. ©EDA
La révolution des craies est aussi passée par Nivelles, la commune de Valérie De Bue qui est présidente du MR Brabant wallon et parlementaire à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une bonne vingtaine de profs s’étaient donné rendez-vous devant son domicile, vendredi matin. Sous les yeux de la police locale qui s’assurait qu’on en restait à de la craie, le trottoir devant la maison de la présidente du MR Brabant wallon a été redécoré avec des messages de sensibilisation.

Action des profs devant le domicile de V. De Bue ©EDA
À Mouscron, c’est le risque de précarité qui a été mis en avant. Des enseignants y ont récolté des vivres destinés à la Banque alimentaire hurlue. Car derrière les actions du monde de l’enseignement se profile aussi la crainte d’une précarité croissante…
« Cette récolte de vivres destinée au CPAS, via la Banque alimentaire, a pour objectif de mettre en lumière les différentes formes de précarité et d’inégalités pouvant toucher les élèves, leurs familles ainsi que les membres du personnel. L’invitation a également été lancée aux autres écoles afin qu’elles puissent se joindre à cette action. »

grève action mouscron saint-henri ©EDALes directions d’école aussi mobilisées
Les directions des implantations scolaires comptent aussi montrer leurs préoccupations par rapport aux réformes. Ingrid Lefèvre, coprésidente d’Adilux qui regroupe les directeurs d’écoles secondaires libres en Luxembourg, sera mardi matin avec ses collègues directeurs de WB et de la FELSI à Bruxelles, pour manifester son mécontentement au siège du parti Les Engagés. « Nous sommes très mécontents des mesures prises et surtout quant à la manière de les faire passer. Nous avons reçu des circulaires sur une organisation de rentrée portant sur des points du vote qui aura lieu le 27 mai. Cela est déjà présenté comme des choses acquises ! La ministre Glatigny considère que tous ces projets sont acquis sans passer par un vote démocratique et sans tenir compte des interpellations de la base.
Des écoles primaires vont partir en grève
Alors que les grèves touchent principalement les écoles secondaires et l’enseignement supérieur, plus de 20 écoles primaires (fondamental) liégeoises entreront dans « la danse » ce mardi 26 mai, pour soutenir le mouvement mais également pour dénoncer d’autres mesures qui les concernent.
Pas de doute, dans le sud du pays, le mercure ne va cesser de monter les prochains jours.