Certaines librairies-presse ne survivront pas à la grève chez Bpost: « Les points poste enregistrent des pertes financières importantes »Pourquoi les facteurs participent-ils à la préservation du lien social ?
“Certaines personnes ne voient que le facteur de la semaine, reprend Eric. Effectivement, même si c’est moins vrai dans les villes, ce rapport existe toujours. Il y a des facteurs qui vont à la pharmacie pour une personne malade, qui déposent un colis un peu plus loin ou un reste de gâteau chez un voisin.
Ces aspects du métier existeraient encore, mais de moins en moins. « Ce n’est plus dans la culture des plus jeunes et ce n’est pas du tout ce que bpost veut, parce que ça coûte et ça ne rapporte rien.”
Pourquoi les jeunes postiers feraient mieux d’écouter leurs aînés ?
Eric est assez critique vis-à-vis de la relève, qui a selon lui sorti ces temps d’interactions de son travail quotidien. “On leur a dit pourtant qu’ils se coulent eux-mêmes en voulant courir. Ils sont juste là pour distribuer.
Pourtant, selon Eric, « Si tu parles aux gens, si tu dis bonjour, si tu es poli, le jour où tu fais une erreur, les gens viendront vers toi, te diront tranquillement que tu t’es trompé. Si tu ne parles pas aux gens, ils introduiront une plainte. Et tu perds plus de temps à traiter la plainte qu’à avoir dit trois fois bonjour.”
Pourquoi Bpost reste-t-elle incontournable dans certaines régions ?
Notre facteur a également distingué l’évolution au sein des centres urbains et des campagnes. Elle se note bien au-delà de l’aspect humain. “Si la grève de Bpost a fait autant de ramdam dans les médias et sur les réseaux sociaux, c’est parce que, dans beaucoup d’endroits, Bpost est le seul opérateur fiable, reprend Stéphane Daussaint, responsable à la CSC Transcom Poste et Télécoms.
La concurrence se bat pour obtenir la livraison des paquets sur les centres-villes et sur les régions à haute densité d’habitation. Mais une fois qu’il s’agit d’aller livrer dans le fond des Ardennes, dans le Luxembourg ou dans le Namurois profond, on ne se bouscule plus au portillon. Or, le jour où bpost n’aura plus suffisamment de paquets sur les centres financièrement intéressants, elle ne saura plus subventionner la distribution dans des régions où personne ne veut aller.”