Parmi les arguments avancés pour justifier des gains importants, il y a évidemment le fait que la carrière d’un sportif est forcément courte et qu’il faut donc préparer l’après pratiquement dès le début. Justine Henin, qui a remporté l’équivalent de 14 millions de dollars de gains durant sa carrière, s’est ainsi confiée au journal « L’Echo » sur la façon dont elle gérait aujourd’hui son argent. « Je me souviens que mon premier chèque en tournoi était l’équivalent de 66 000 francs belges (environ 1600 euros) », explique l’ancienne numéro un mondiale. « C’était quelque chose d’arriver sur le circuit professionnel et de remporter un premier prize money. C’est le souvenir des débuts encore assez insouciants. » Et d’avouer qu’on n’est jamais préparé, aussi jeune, à remporter très vite des sommes importantes. « J’ai commencé à gagner ma vie quand j’ai quitté la maison familiale. Ma priorité absolue, à ce moment-là, était le sportif. Il a donc fallu faire confiance à d’autres personnes parce qu’on ne peut pas tout gérer soi-même. Donc, on rencontre des agents, il y a beaucoup de gens qui gravitent autour de soi et il faut essayer de ne pas se tromper dans ses choix. Gagner de l’argent cependant n’est pas du tout quelque chose qui m’a perturbée. A l’époque, j’étais surtout obsédée par l’envie de toucher les sommets du tennis mondial. »

Aujourd’hui, Justine « fait confiance » à des organismes qui gèrent son patrimoine. « Je ne regarde pas tout forcément dans le détail, mais les grandes lignes directrices sont importantes pour moi. Il y a les aspects éthiques aussi. Développer, construire et entretenir son patrimoine, ça se fait aussi dans la durée. Il faut de la patience et parfois accepter des moments plus difficiles. Avec le recul, il y a des choses que je ne ferai plus, comme des participations dans des sociétés, des start-up. Aujourd’hui, j’ai besoin d’avoir la maîtrise des choses, parce que je l’ai perdue tout un temps. » Quand on lui demande son rapport à l’argent, elle répond : « Je ne vais pas dire que ce n’est pas important. J’ai la chance d’avoir bien gagné ma vie et de pouvoir me sentir en sécurité aujourd’hui, ainsi que ma famille. Mais l’argent n’est pas du tout un moteur pour moi. Je suis plutôt une entrepreneuse dans l’âme. Par exemple, mon projet d’académie, ici à Limelette, a pour but de réinvestir en permanence pour continuer à offrir des conditions performantes pour que nos jeunes puissent se développer. » Et l’ancienne joueuse, qui officie désormais notamment comme consultante pour France Télévisions, d’expliquer l’importance pour elle de s’investir dans le caritatif. « J’ai perdu ma maman d’une maladie. Et j’ai toujours aimé les enfants. Donc, j’ai eu envie que ma notoriété soutienne certaines associations, notamment au profit des enfants malades. »