Pas de pénurie immédiate

Malgré cette baisse, l’expert se veut rassurant : le pays reste bien approvisionné grâce aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL) via le port de Zeebruges. Une partie de ce gaz est réexportée vers les pays voisins, mais il sert aussi à la consommation nationale. Les prévisions météo plus douces des prochains jours devraient également ralentir la diminution des stocks et éviter une flambée immédiate des prix pour les consommateurs.

Les marchés de l’énergie restent en effet très sensibles aux conditions météo. Une brève hausse des prix a été observée lors d’un récent épisode de froid, mais les températures plus élevées ont depuis apaisé les craintes de pénurie.

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La principale préoccupation concerne désormais l’hiver 2026-2027. D’ici à la fin du printemps, les stocks européens pourraient être presque vides. L’Union européenne vise pourtant un niveau de remplissage de 90 % à l’automne, ou au moins 75 %. « Nous sommes actuellement à un niveau de réserves très faible pour cette période de l’année. On a sans doute commis une erreur en ne forçant pas davantage le remplissage des stocks avant l’hiver, par exemple en visant 95 %. Les prix ont augmenté, le remplissage a été retardé et il a fait relativement froid : résultat, nous sommes aujourd’hui très bas au niveau des réserves », avance pour sa part Damien Ernst, expert en énergie et professeur à l’Université de Liège.

Pour l’expert, cela pourrait avoir des conséquences dans les mois à venir. « Les prix du gaz ne sont pas extrêmement élevés pour l’instant. Sur les marchés de gros, on est retombé autour de 28 à 30 euros par mégawattheure, ce qui reste raisonnable. Mais on ne peut pas exclure qu’ils remontent dans les prochains mois, surtout si l’on peine à reconstituer les stocks en vue de l’hiver prochain. »

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À long terme, l’expert ne s’attend pas à une hausse durable des prix du gaz, estimant que l’Europe a en grande partie compensé sa dépendance à la Russie grâce aux importations de GNL. Mais à court terme, l’hiver prochain reste une période à risque pour d’éventuelles hausses. Dans ce contexte, Damien Ernst estime qu’il existe encore une fenêtre d’opportunité pour les ménages. « Pour les consommateurs qui sont actuellement en tarif variable, le prix des contrats fixes n’est pas très élevé au regard de l’état des réserves. Je me demande même si ce n’est pas le bon moment pour repasser à un tarif fixe. Et rien n’empêche de revenir plus tard à un tarif variable si la situation s’améliore », avance-t-il.

Selon le comparateur comparateur-energie.be, l’écart entre les offres fixes et variables s’est toutefois creusé en février. Il atteint désormais environ 168 euros, contre 73 euros le mois précédent. Un surcoût qui reste néanmoins bien inférieur à celui observé lors de la crise énergétique.

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