En 2016, lors du lancement de ce projet d’extraction, le ministre wallon Pierre-Yves Jeholet découvrait le site et son projet. Alors que l’extraction des cendres volantes est quasi terminée, il y est revenu ce mardi 26 mai 2026. Afin de faire le point sur l’état d’avancement du chantier mais aussi sur ses enjeux environnementaux, industriels et économiques.

« Cela aurait fait 20.000 camions »

L’objectif de ce processus d’extraction est de rendre au Terril du Hénâ son état originel naturel, en évacuant les cendres qui s’y sont accumulées pendant 20 ans lors de l’exploitation des anciennes centrales à charbon. Engie s’est ainsi associée aux cimentiers CCB et Heidelberg Materials Benelux. Les cendres sont, jour après jour, extraites du site, puis amenées par bande passante jusqu’à la Meuse avant d’être transportées par voie fluviale vers trois cimenteries, une à Lixhe et deux dans la région de Tournai.

« Actuellement, nous avons évacué 1,8 million de tonnes de cendres sur un total de 2,3 millions, explique Jean-Benoît Collée, administrateur délégué de Recybel. Ce sont 2200 barges qui ont déjà quitté le site pour emmener les cendres vers les cimenteries. Il n’y a pas d’utilisation de camion, c’était une des obligations du permis. Cela aurait fait plus de 20.000 camions. Ce n’était pas le but. Et comme on est près de la Meuse… »

Une référence wallonne

Fin 2028, les 2,33 millions de cendres volantes devraient avoir quitté le site. Pour être recyclés, totalement, dans les cimenteries alors qu’initialement, ces cendres étaient difficilement valorisables. Là, elles entrent en tant que matière première dans la fabrication de ciment. Ce chantier constitue une référence en matière de reconversion environnementale et industrielle.

« On est en phase de fin de ce chantier qui a été lancé en décembre 2016, explique l’administrateur délégué de Recybel. On devrait finir l’extraction pour mi-2028. » Un peu plus tôt que prévu. Actuellement, huit personnes travaillent sur cette phase d’extraction. Six sont sur site, au Terril du Hénâ, et deux sont au chargement sur les bateaux.

Les vallées réapparaissent

Aujourd’hui, le terrain se redessine. Les vallées des Fagnes et du Hénâ réapparaissent car le terril disparaît lentement. La surface des couches de cendres accessibles diminue. Reste des zones plus profondes et plus difficiles d’accès.

Désormais, une nouvelle étape du vaste chantier de réhabilitation est sur les rails, sur le flanc est du site avec une intervention au niveau du massif de contre-butage des scories (c’est la matière minérale qui naît des impuretés du métal en fusion à très haute température). Ce massif, qui devait agir comme une véritable digue minérale, s’est mis à se déplacer, comme d’ailleurs l’ensemble du terril. Et il faut l’enlever pour un souci de sécurité. La partie supérieure, les terres de couverture et la couche superficielle de scories seront ainsi retirées et la crête de scories protectrice sera créée. Avec mise en place de filets de retenue.

Un plan de réhabilitation actuellement à l’étude

Et une fois que toutes ces tonnes de cendres volantes auront été acheminées dans les cimenteries ? Car comme l’explique le ministre Jeholet, « on n’assainit pas le site pour y refaire une activité industrielle. Mais plutôt un projet de biodiversité. » L’objectif est de rendre au site son état d’origine qui pourrait être ouvert au public. « Un plan de réhabilitation est actuellement soumis aux autorités régionales, souligne Jean-Benoît Collée. Lorsque l’extraction sera terminée en octobre 2028, le propriétaire du site, Engie, devra appliquer le plan. Il aura un an pour le faire. »

Une vingtaine d’hectares pourraient devenir un lieu de balades et les vallées des Fagnes et du Hénâ pourraient ainsi retrouver leur aspect initial.