Les syndicats dénoncent des inégalités entre les employés en termes d’indemnités de licenciement
En front commun avec la CNE et la CGSLB, les syndicats dénoncent par ailleurs des inégalités entre les employés en termes d’indemnités de licenciement, ainsi que la politique de formation GSK. Cette dernière, « exclusivement orientée vers les besoins immédiats de l’entreprise », ne permet pas aux travailleurs limogés de rebondir sur le marché de l’emploi, selon les syndicats.
« Il s’agit d’une petite réorganisation comme cela arrive régulièrement, lorsque certains produits ne sont plus soutenus commercialement par exemple », nuance de son côté la porte-parole de GSK Belgique, Elisabeth Van Damme.
Pour les syndicats, ce choix n’a toutefois « rien d’une nécessité économique », au vu des résultats du groupe britannique – qui a engrangé près de 32,7 milliards de livres (environ 38 milliards d’euros) de chiffre d’affaires l’année dernière – mais représente « une décision purement financière » visant à préserver les intérêts des actionnaires.
D’après Horia Boubker, l’entreprise mène en outre une politique de « saucissonnage » de ses licenciements, destinée à éviter l’application de la loi Renault, et de ce fait la mise sur pied d’un plan social. Des actions ou un préavis de grève ne sont dès lors pas exclus « si la direction ne change pas d’avis », souligne la représentante syndicale. Il s’agira de « la prochaine étape » si un accord n’est pas trouvé lors d’une réunion prévue jeudi prochain, ajoute-t-elle.
Selon une enquête interne, 64% des travailleurs craindraient de perdre leur emploi en raison d’une accélération de la digitalisation et de l’usage de l’intelligence artificielle au sein de l’entreprise, note par ailleurs la syndicaliste.
Si GSK accélère effectivement sa digitalisation « comme c’est le cas partout en ce moment », le groupe « n’a pas de plan social en vue » pour ces raisons à l’heure actuelle, affirme Elisabeth Van Damme.
L’un des plus grands employeurs privés de Wallonie
L’entité GSK Biologicals, qui concerne les activités de recherche et développement ainsi que de production, compte près de 8.500 travailleurs en Belgique, répartis sur trois sites à Wavre, Gembloux et Rixensart. Il s’agit de l’un des plus grands employeurs privés de Wallonie. L’année dernière, environ 400 postes avaient été supprimés en Belgique au sein de cette branche, principalement à travers le non renouvellement de CDD ou de départs volontaires.
La division « Pharmaceuticals », entité juridiquement séparée du groupe, emploie, elle, près de 180 personnes en Wallonie. Cette dernière n’avait, de son côté, pas été concernée par de tels licenciements l’année dernière.
« Le contexte des deux entités est très différent », précise Elisabeth Van Damme. « La branche Pharmaceuticals dépend des budgets en termes de médicaments sur les marchés belge et luxembourgeois, tandis que l’entité Biologicals est liée aux évolutions au niveau mondial », ajoute-t-elle.