Membre de la grande famille du rail, Gregory Lehmann est aussi vice-président du syndicat autonome des conducteurs de train (SACT). En 27 ans de carrière, il n’a jamais eu de heurt de personne ou de véhicule. « Je touche du bois pour que ça n’arrive jamais, confie-t-il. J’y ai échappé à trois reprises. Mais un collègue vient de subir son huitième suicide il y a à peine un mois alors qu’il est en fin de carrière. »
Chaque événement marque à vie le conducteur impliqué. « Tuer quelqu’un alors qu’il est aux commandes d’un train, c’est la hantise de tout conducteur. Encore plus quand, comme à Buggenhout, des enfants sont tués. »

Gregory Lehmann est conducteur de trains depuis 27 ans. « Je n’ai jamais tué personne et je touche du bois pour que ça n’arrive jamais : J’ai échappé trois fois à un accident grave » ©DR
Gregory soutient le conducteur de Buggenhout. « Il est forcément en état de choc. D’autant plus qu’il a peut-être vu les visages des enfants à l’arrière du minibus. Toute la famille du rail est avec lui. »
La SNCB également. « Lors d’un accident mortel, la SNCB met tout en œuvre pour accompagner le conducteur, notamment avec sa cellule d’aide psychologique, indique Gregory. Le suivi est très bon. Se relever d’un tel drame peut prendre des semaines, voire des mois et la SNCB ne pousse jamais un conducteur à reprendre s’il n’en est pas capable. »
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.